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Déc / 29

Premiers de Cordée sous le projecteur de Kylian Mbappé

By / akim /

Premiers de Cordée

sous le projecteur de

Kylian Mbappé

Après sa victoire au Mondial 2018, la star du PSG a donné sa prime de 300 000 euros à Premiers de Cordée. Zoom sur cette association qui propose des ateliers sportifs aux enfants à l’hôpital. Et sensibilise aux handicaps dans les écoles et les entreprises. 

Dans son bureau au Stade de France, le délégué général Sébastien Ruffin sourit à l’évocation de l’anecdote. Quand en octobre 2017 lors d’une interview sur TF1, Emmanuel Macron a utilisé l’expression premiers de cordée pour parler des Français les plus riches, le président de la République a noyé le nom de l’association dans les résultats de recherche Google. Aujourd’hui, le site de Premiers de Cordée (https://www.premiersdecordee.org/) est remonté en haut de la page. Entre temps, le prodige Kylian Mbappé a rétabli la balance en reversant à l’association sa prime de 300 000 euros après sa victoire au Mondial 2018. «Des médias du monde entier nous ont appelé», raconte Idir Rabhi, chef de projet.

 

Petite structure de terrain

«Jamais on n’aurait imaginé que Kylian Mbappé gagnerait la coupe du monde avec la France et qu’en plus qu’il marquerait en finale. C’est quelque chose d’incroyable», confie Sébastien Ruffin. Quand l’attaquant du PSG est devenu parrain de Premiers de Cordée en juin 2017, il venait à peine d’être sacré champion de France avec Monaco. Jeune crack, il n’était pas encore devenu la star planétaire que l’on connait aujourd’hui. «Lui et ses proches cherchaient à aider une petite association en Ile-de-France qui travaillait avec les enfants. On cochait toutes les cases», relate Idir Rabhi. Le présentateur de TF1 Christian Jean-Pierre connaissait l’asso ; il a fait l’intermédiaire.

C’est donc la bonne pioche pour Premiers de Cordée ! Créée en 1999, la structure propose des initiations sportives pour les enfants hospitalisés ainsi que des actions de sensibilisation aux handicaps auprès des scolaires et des entreprises.

Ce coup de projecteur ne monte néanmoins pas à la tête de ses dirigeants.  «On est une petite association de trois salariés. Grâce à la prime donnée par Kylian Mbappé, on devrait enfin pouvoir recruter un éducateur sportif en 2019. On se qualifie d’artisans et on veut rester des artisans», relativise le délégué général.

S’il profite de la vague bleue, Sébastien Ruffin compte gérer cette belle somme en «bon père de famille». Il faut dire qu’il a déjà connu des périodes «très difficiles». «Quand je suis arrivé en janvier 2011, on était à deux doigts de mettre la clé sous la porte

 

Notoriété au service des sportifs handicapés

Cette même année, des champions de renom deviendront parrains de l’association. Le handballeur Thierry Omeyer, la patineuse artistique Nathalie Péchalat, le rugbyman Maxime Médard et le tennisman en fauteuil Stéphane Houdet rejoindront Premiers de Cordée. Une belle brochette de célébrités. «On leur demande juste de faire une ou deux opérations par an. Si grâce à leur notoriété, on parle de l’association, c’est super. Cela nous suffit», indique le délégué général.

Tous ces parrains se réunissent au Stade de France pour la journée Évasion, un événement annuel au printemps où près de 3000 enfants, malades, handicapés ou valides, participent à des ateliers sportifs. Cette opération existe depuis 2013 dans l’enceinte mythique de Saint-Denis, où Premiers de Cordée a installé ses bureaux un an plus tôt grâce à un partenariat noué avec Vinci, gestionnaire du Stade.

Le sport à l’hôpital

Depuis sa création, l’association propose du sport à l’hôpital pour les enfants. «C’est notre action phare, celle qui nous prend le plus de temps», précise Sébastien Ruffin.

Les bénévoles interviennent de 19h à 21h auprès de petits qui peuvent parfois être hospitalisés pendant de longs mois. «On vient après le repas du soir des enfants, à un moment où ils se retrouvent souvent seuls. On fait en sorte de compenser ce vide, de briser leur isolement, de leur changer les idées. Et plus les gamins se dépensent physiquement, mieux ils se sentent dans leur tête.»

«On organise une centaine d’opérations de ce type chaque année dans des hôpitaux de la région parisienne», détaille Idir Rabhi, coordinateur de ces actions qui mobilisent autour de cinq bénévoles, dont un personnel soignant et un éducateur sportif. Aujourd’hui, Premiers de Cordée tente de se développer au niveau national. De novembre à décembre dernier, l’asso a fait un tour de France, en proposant des ateliers de foot dans dix hôpitaux, de Marseille à Lille, en passant par Nantes et Strasbourg. Lors des étapes, des stars du ballon rond comme Umut Bozok ou Benoît Costil mouillent le maillot pour la bonne cause.

 

Une vision inclusive

En plus de son activité à l’hôpital, la structure a aussi acquis un savoir-faire pour sensibiliser aux handicaps. Elle impulse des ateliers handisports pour des scolaires et des entreprises. Ce lundi 10 décembre, au Stade de France, Vinci a fait appel à l’association pour qu’elle propose une journée d’activité à environ 250 collégiens de Seine-Saint-Denis en stage de 3e dans l’entreprise. Les jeunes se mettent dans la peau d’une personne handicapée à travers des séances de cécifoot, d’athlétisme pour déficient visuel ou encore de basket en fauteuil. «Cela permet de démystifier le handicap. Cela leur prouve que même en fauteuil, on peut faire du sport», confie Roger Deda, vice-champion du monde avec l’équipe de France d’handibasket en 2010. Aujourd’hui retraité, ce premier de cordée intervient régulièrement dans les établissements scolaires où il parle sans tabou de son handicap. 

À terme, il espère que les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024 permettront de changer les mentalités et d’opérer une prise de conscience collective sur le retard de la France. «À Paris, il y a qu’une seule ligne de métro adaptée pour les personnes en fauteuil. Dans des gymnases, je ne peux pas prendre de douche parce que les vestiaires ne sont pas aux normes…»

Le délégué général de Premiers de Cordée milite pour l’inclusion des sportifs handicapés dans les mêmes clubs que les valides. «En France, on aime bien que les choses rentrent dans des cases. Il faut que les personnes handicapées pratiquent dans des clubs handisports, que les autistes soient dans des instituts médico-éducatifs (IME) spécialisés, etc.», regrette Sébastien Ruffin. «Mais tant qu’on cloisonnera, on n’y arrivera pas. On défend un système inclusif». C’est ce chemin que les premiers de cordée veulent ouvrir.

Aziz OGUZ

D'un terrain de foot à l'emploi

Créée en 1998, l’association Sport dans la ville œuvre pour l’insertion des jeunes.

Ce mercredi de décembre, ils sont une dizaine d’adolescents à jouer au foot sur un terrain synthétique de la cité Franc-Moisin dans l’un des quartiers les plus pauvres de Saint-Denis. Ils portent un chasuble bleu ou rouge avec le logo de Sport dans la ville.  Cette association œuvre pour l’insertion par le sport. Créée en 1998 et basée à Lyon, elle rayonne aujourd’hui au niveau national. Elle intervient sur 36 terrains dans l’ensemble de la France, de Saint-Etienne à Roubaix en passant par Paris. Elle accompagne chaque année environ 6000 jeunes de 6 à 25 ans. «L’association intervient depuis 2014 à Franc-Moisin», explique Sofiane Kassmi, responsable insertion de secteur. Deux fois par semaine, les mercredis après-midi et samedis, les éducateurs de Sport dans la ville viennent proposer des activités aux jeunes du quartier. 

«On les accroche par l’intermédiaire du sport quand ils sont encore petits. On organise des séances de foot. On fait aussi des sorties», précise Sofiane Kassmi. Et quand ils grandissent, ils font alors appel aux éducateurs de l’association dans leur parcours scolaire et professionnel. «On les aide à faire leur lettre de motivation, leur CV. On leur fait bénéficier de notre réseau d’entreprises pour un stage, un job étudiant, une alternance, un emploi… Le plus gros problème pour ces jeunes, c’est qu’ils n’ont pas de réseau», poursuit le responsable. Sport dans la ville fait l’intermédiaire avec des grandes sociétés comme Total, Channel, Décathlon ou encore Nexity. Ainsi, à Franc-Moisin, 34 jeunes bénéficient du programme Job dans la ville. Sofiane Kassmi invite régulièrement des salariés de Vente-privee.com, dont les bureaux sont à Saint-Denis, pour des simulations d’entretien d’embauche. «On organise aussi des visites d’entreprise pour leur montrer différents secteurs d’activités et métiers.» «Sport dans la ville a un réseau que l’on n’a pas. Cela ouvre des possibilités aux jeunes. Au lieu de faire un stage dans la boulangerie du coin, le jeune va pouvoir le faire dans une grande entreprise», valide Nabil Boubcheur, responsable de l’antenne jeunesse, dont les locaux sont utilisés par les éducateurs de l’association. Ces derniers sont maintenant bien identifiés. Si les jeunes ont besoin d’une aide, ils savent qu’ils peuvent toquer à la porte de l’association.

.O.

https://www.sportdanslaville.com/

Crédit photo : @Pierre Fauquemberg. 

akim