L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre

Juin / 20

L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre

By / Florian Dacheux /

Titulaire d’un master en sciences politiques de l’Université de Genève, Tristan Boursier est  doctorant en théorie politique et politique comparée à Sciences Po Paris et à l’Université de Montréal. Son sujet de thèse aborde  le concept de solidarité politique, au regard des exigences contemporaines de reconnaissance de la diversité culturelle et identitaire. Il utilise notamment dans son argumentation les concepts de néo-républicanisme et de multiculturalisme. Entretien à l’heure où 89 députés RN viennent de faire leur entrée à l’Assemblée Nationale.

L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre

Comment analysez-vous la recomposition actuelle de l’extrême-droite institutionnelle ?

Cette extrême droite institutionnelle imprime deux mouvements différents. D’un côté, la ligne idéologique d’Éric Zemmour ressemble davantage à celle du FN sous Jean-Marie Le Pen avec un programme économique libéral tel que le promouvait le FN dans les années 1980. L’axe identitaire est assumé, xénophobe et racialiste. La ligne idéologique de Reconquête n’est donc pas si nouvelle. De l’autre côté, le FN-RN semble avoir subi une mutation idéologique, mais aussi une recomposition dans ses soutiens avec un passage entre Reconquête et le RN qui tend à brouiller les pistes dans notre analyse de l’extrême-droite française. Le discours du RN a été non seulement lissé mais il s’est également sophistiqué. Le programme de Marine Le Pen montre un effort certain pour se présenter comme compatible avec les institutions démocratiques. Cette posture est paradoxale pour un parti qui se voulait anti-système et qui, aujourd’hui, se présente comme le « vrai défenseur » de la démocratie – en opposition aux autres partis dépeints comme technocrates et agents du système. Marine Le Pen construit cette posture « de vrai défenseur de la démocratie » à l’intérieur d’une rhétorique populiste. Elle considère qu’elle seule peut représenter ce qu’est le « vrai peuple », qui n’est rien d’autre qu’une construction du peuple fantasmée, basée sur des critères ethniques latents, tout comme le fait Éric Zemmour. Elle oppose ce peuple aux institutions de l’État de droit qui l’auraient trahi. Marine Le Pen utilise donc une rhétorique populiste qui se fonde sur une prétendue défense de la démocratie directe. Pourtant, son projet s’en éloigne. Lorsqu’elle prétend promouvoir plus de représentativité au Parlement en introduisant la proportionnelle (offrant ainsi des sièges à des forces politiques plus petites), c’est pour favoriser son propre parti et permettre à son gouvernement de mener sans opposition sa politique illibérale. Cette posture démocratique de façade ressort clairement lors d’une conférence de presse du 12 avril à Vernon (Eure) où Marine Le Pen dit qu’elle s’autoriserait à refuser les décisions issues de référendums populaires si cela allait à l’encontre des intérêts vitaux de la Nation. On comprend ici que les référendums d’initiative populaire sont en réalité envisagés seulement comme des plébiscites pour des réformes anticonstitutionnelles sur l’immigration et le port du voile – deux sujets qui sont décrits comme vitaux par le RN. Ces deux forces politiques – le RN et Reconquête – sont donc très proches sur le plan idéologique, dans leur conception de la Nation (tous deux envisagent l’islam comme principal ennemi). Leurs divergences sont plus superficielles, car elles relèvent de la stratégie politique pour accéder au pouvoir. Si Reconquête affiche sa radicalité en espérant séduire les déçus du RN et les franches droites des Républicains, le RN a préféré aller plus loin dans la normalisation de son positionnement idéologique en insistant sur sa prétendue défense des institutions démocratiques. Les deux stratégies, bien qu’opposées, se renforcent mutuellement. Reconquête en s’affichant comme plus radical, permet au RN de renforcer sa dédiabolisation.

« Le grand remplacement est devenu un terme parapluie capable de rallier différents bords politiques »

Quels sont les nouveaux paramètres à prendre en compte ?
Le terme de « métapolitique » me semble pertinent pour analyser l’extrême-droite contemporaine, en France, mais aussi ailleurs en Europe et en Amérique du Nord. Il s’agit de viser une victoire politique sur le long terme en ne visant pas une victoire par les urnes, mais par la diffusion culturelle d’idées. Alain de Benoist – philosophe et essayiste – a grandement contribué à développer cette stratégie métapolitique. Il est un des idéologues d’extrême-droite les plus influents aujourd’hui et est notamment connu comme un des piliers de la refondation idéologique de la mouvance dite de « la nouvelle droite » dans les 1970. Le terme métapolitique permet d’aller au-delà de l’image habituelle que nous avions de l’extrême-droite comme d’un bloc politique uni. Ce concept permet de mettre en lumière la structuration idéologique de ce côté-ci du spectre politique, qui ressemble davantage à une galaxie. Il y a à la fois des affinités, des proximités spatiales entre différents pôles idéologiques et militants de l’ED et en même temps, des séparations et des points de clivages non seulement dans les idées, mais aussi dans la façon d’envisager la prise du pouvoir. C’est pour cela qu’il est judicieux de tracer une séparation entre l’ED institutionnel et les « marges », les groupuscules, plus ou moins déclarés et légaux. Ceux que j’appelle les « influenceurs » se situent entre les deux et vont incarner ce rôle métapolitique en créant un liant entre ces deux pôles. Ils contribuent à diffuser des idées de la marge pour les ramener au-devant de la scène sans pour autant prendre position sur les divergences idéologiques à l’extrême droite. Ils s’investissent dans un effort de banalisation et de popularisation d’idées violentes et radicales, jusqu’à présent confinées à des cercles restreints composés de personnes qui s’identifiaient et militaient activement pour des idéologies peu répandues auprès du grand public (le suprémacisme blanc, l’intégrisme catholique, etc). Cette stratégie marche d’autant plus que ces influenceurs ont des profils inhabituels pour l’extrême droite. Ce sont de jeunes hommes, souvent musclés et jouant de leurs physiques, reprenant des codes culturels populaires des plus jeunes (comme les références à des mangas, ou l’utilisation de mèmes internet). Leurs vidéos sont courtes, dynamiques, criblées d’humour, ce qui leur permet de politiser et de radicaliser des personnes qui ne se sentent pas proches de la politique et qui ne se considèrent pas comme d’extrême droite. Le « grand remplacement » est un bon exemple du succès de cette division du travail effectué par les influenceurs. Il y a encore peu ce terme était confiné aux cercles restreints de l’ED – notamment antisémites – tandis qu’aujourd’hui il est utilisé régulièrement sur les plateaux télé. Bien que le terme ne soit pas compris de la même façon au sein des différents mouvements, il est aujourd’hui devenu un terme parapluie capable de rallier différents bords politiques réduisant ainsi l’espace qui sépare les différents pôles idéologiques de la galaxie extrême droite.

 

Quelles différences entre les courants des suprémacistes blancs? Par exemple, qui sont les accélérationnistes? 
L’accélérationnisme est une théorie populaire au sein de l’Alt-Right qui commence à faire son chemin en France dont l’origine se trouve en Europe. L’accélérationnisme valide l’existence d’une supposée guerre raciale. Il y a pour ses partisans une attaque contre la « race blanche ». Sauf que contrairement à d’autres mouvances, ils pensent qu’il faut accentuer les effets de cette attaque afin de la rendre mieux visible. Cela implique de passer à l’acte en fomentant des attentats contre les représentants de cette attaque : les immigrés, les personnes racisées et les militants de gauche. Ces attentats visent à créer du chaos en créant les conditions d’une guerre civile raciale et ainsi de rendre l’accession au pouvoir plus simple en déstabilisant de l’intérieur les institutions libérales. La production des concepts et leur diffusion entre les pays relèvent là aussi d’une division du travail au sein de la galaxie d’extrême droite.

« Le point commun de la sémantique utilisée est la blanchité »

Pourriez-vous nous citer quelques profils particuliers au sein des suprémacistes blancs ?

Quand je parle de suprémacistes blancs, je parle avant tout d’un discours qui apparaît dans les contenus numériques (vidéos, tweets, Instagram, messages Telegram) produits par les influenceurs d’extrême droite. Ils ne se revendiquent pas comme étant suprémacistes mais véhiculent des idées qui promeuvent directement ou indirectement une vision suprémaciste du monde. J’ai remarqué qu’une partie des influenceurs les plus populaires sont racisés ou se revendiquent comme ayant des « origines non françaises ». Pourtant, ces influenceurs participent à diffuser et construire un message raciste et suprémaciste. On peut penser à Stéphane Edouard qui a fait des vidéos titrées Je suis noir et je ne soutiens pas Black Live Mater  ou encore Je suis noir et je ne soutiens pas le comité Justice pour Adama. Il va se montrer très virulent envers leurs démarches politiques et utilise sa position pour dire je ne suis pas raciste, car je suis martiniquais et noir. Un autre influenceur, Greg Toussaint, joue sur sa position de personne noire et reprend le format de Dieudonné. Il fait des sketchs et vise une carrière d’humoriste. Cela peut sembler contre intuitif de voir des personnes soutenir des propos qui semblent aller contre leurs intérêts objectifs. Pour ma part, je ne le crois pas. Tout comme il existe des femmes sexistes, des homosexuels homophobes, une personne peut se considérer à la fois comme noire et promouvant des discours racistes. Cela montre que nous n’avons plus à faire à des mouvements bien auto-identifiés comme pouvait l’être le KKK, et que les discours suprémacistes ont su évoluer et muter pour s’adapter à ce qui est audible ou non sur internet. On retrouve le même phénomène de légitimation du discours raciste et d’une vision suprémaciste blanche à travers l’utilisation d’un vocabulaire subtile. In fine, on est face à des éléments traditionnels des suprémacistes blancs avec une catégorisation des populations avec des terminologies racistes. Le point commun de la sémantique utilisée reste la blanchité avec une hiérarchie qui passe par une justification culturelle : à savoir que la France a connu les Lumières, ce qui rendrait la culture française supérieure.

Pourquoi la France a-t-elle tant de difficultés à embrasser sa pluralité ?
C’est une vaste et difficile question. Je suis contraint de rester dans la généralité pour y répondre. Je travaille spécifiquement sur les idéologies et comment elles sont utilisées pour mener des actions politiques et comment elles sont présentes dans les représentations qu’ont les gens de leur propre pays. Je vais donc répondre depuis cet angle. Pour comprendre la difficulté que nous avons en France à comprendre la pluralité au sens large (culturelle, religieuse, identitaire), il faut évoquer la présence importante du roman national français. C’est-à-dire la lecture très spécifique de notre histoire qui forge une mémoire collective et permet de constituer une solidarité sur des liens choisis. Ces liens sont aujourd’hui à la base de nos institutions, de notre démocratie, de notre éducation, etc[1]. La mémoire en tant que construction collective est très importante lorsqu’elle est forgée collectivement, car elle permet d’avoir des repères communs sur lesquels on est censés être tous plus ou moins d’accords au sein de l’espace politique. Il s’agit d’un langage commun, un cadre suffisamment large pour que puissent s’exprimer les conflits. Ainsi, lorsqu’on s’intéresse à la construction politique de l’Histoire, on voit que l’idée de République occupe une place fondamentale dans les discours politiques contemporains. Il est important de noter que lorsque les politiciens utilisent le terme « République », cela n’a plus autant de sens que cela pouvait en avoir pendant la Révolution française ou sous la plume d’Aristote. C’est un mot creux, je dirais même « magique » qui, bien souvent, n’a qu’un poids rhétorique pour défendre une politique identitaire et conservatrice. Ce décalage entre cet emploi magique du mot et la charge mémorielle à laquelle il renvoie est problématique pour moi. Cet imaginaire de la France révolutionnaire, du Tiers-Etats qui s’est révolté contre l’oppression monarchique, a été mobilisé par certaines forces politiques — de droite comme de gauche — au cours du XXe siècle et encore aujourd’hui, afin de légitimer leur idéologie[2]. Elle est notamment utilisée pour donner une légitimité à des politiques qui semblent aller à l’encontre de l’idée même de République. Une partie des discours politiques qui se revendiquent des Lumières se présentent comme étant un aboutissement de revendications en faveur de la liberté et de l’égalité. Ils ne permettent cependant pas de voir en quoi l’histoire matérielle de la France — et en particulier la colonisation — a influencé ces idées et les rend parfois inefficaces en l’état pour comprendre des enjeux contemporains comme le racisme systémique ou le patriarcat. En se concevant comme dépositaires de cette histoire figée, ils n’autorisent pas des conceptions plus complexes des idéaux républicains, telles que l’universalisme qui est souvent dépeint comme un aboutissement alors que pour des auteurs il est avant-tout processuel, nécessitant un effort constant[3]. Ainsi, il y a une confrontation entre la représentation que l’on se fait de l’histoire de la République française et sa réalité matérielle, sociale et historique. La République française est perçue comme universaliste et aveugle aux différences avec un État qui ne voit pas des individus, mais des citoyens afin d’assurer une égalité devant la loi (ce que Cécile Laborde appelle le « républicanisme classique »). Pourtant, on constate que des discriminations liées au genre, à la supposée race ou à l’orientation sexuelle, qui sont proscrites par la loi, existent toujours. Il s’agit donc de comprendre ce décalage entre ce but idéal et la réalité sociale, tous deux entremêlés avec une histoire complexe, ancrée dans une période coloniale et une culture patriarcale, pour ne citer que deux éléments importants.

« Il y a une profonde absence de questionnement, de dialogue et de confrontation qui cause cet aveuglement à la pluralité »

Quelles pistes peut-on transmettre pour embrasser cette pluralité ?
Sophie Guerard de Latour, qui a notamment écrit Vers la République des différences, participe à raccrocher avec une conception plus précise et plus fidèle du républicanisme qui permettrait de mieux reconnaître la pluralité en France. Elle contribue à un effort de réinterprétation du républicanisme français d’un point de vue philosophique. Elle montre que cet effort peut se faire en se focalisant sur la lutte contre la domination qui est au cœur du républicanisme philosophique. Ce n’est pas seulement la domination de classe, mais aussi une domination raciale et patriarcale. L’intérêt est de percevoir comment ces différents types de domination sont imbriqués et se traduisent au sein des institutions. Il s’agit de comprendre qu’il est possible de mettre en place un projet républicain en adéquation avec des enjeux contemporains comme le décolonialisme, l’antiracisme et le féminisme. Souvent dans les médias grand public, cet aspect sociologique est obéré. On entend que la France n’est pas multiculturelle comme le Canada ou l’Angleterre. En France on va dire:  « Nous, on a la tradition républicaine, eux la tradition multiculturelle ». Cela signifie qu’en France on n’aurait pas des politiques qui tiennent compte des groupes culturels. Or, le terme “multiculturel” ne signifie pas seulement la promotion de la diversité, mais c’est d’abord une constatation sociologique de la présence de personnes qui s’auto-identifient comme appartenant à un ou plusieurs groupes culturels, ethniques ou religieux. Si la France ne fait pas la promotion de la diversité culturelle, elle a bien des politiques de gestion de la diversité, car il y a de fait une diversité sociologique qui se manifeste par une pluralité culturelle, identitaire et politique très présente. Ce qui est intéressant c’est la volonté de réduire ce constat de diversité à la sphère privée, parfois activement (comme en voulant interdire l’expression religieuse dans l’espace public), tout en prétendant ne pas être multiculturel. L’effacement des identités régionales hier, ou les lois islamophobes[1] aujourd’hui sont de bons exemples de la longue tradition française de politiques de gestion de la diversité. Cette diversité ne vient pas de nulle part. Elle est en grande partie liée avec notre histoire coloniale qui a créé des inégalités et des relations de domination sur des critères non républicains comme l’apparence des gens, de leur race supposée. Cette partie importante de notre histoire a créé des hiérarchies sociales et raciales qui sont en opposition complète avec l’idéal républicain tel que nous le concevons aujourd’hui. Pourtant, à l’époque, le républicanisme a bien contribué à sa justification. Cette situation fait
naître des tensions et des incohérences qui rend difficile la compréhension de la diversité et surtout de son rejet aujourd’hui. Si nos lois ne sont plus celles d’un État raciste, il n’en demeure pas moins que certains auteurs parlent de racisme d’État. Un terme qui cherche à étudier la présence de biais institutionnels malgré l’absence de lois explicitement racistes[1]. Pour autant, ce passé colonial -et ses effets encore aujourd’hui- sont loin d’être compris à leur juste valeur dans les débats publics. On perçoit l’ambiguïté et l’hypocrisie entre un discours, une vision théorique de la communauté politique républicaine idéale, et de l’autre une réalité sociologique et politique dans la pratique. Lorsque les deux sont imbriquées telles qu’elles le sont dans l’Histoire française sans être questionnées, en naturalisant ses hiérarchies sociales et raciales, cela conduit à un aveuglement complet des questions contemporaines de l’antiracisme et des mouvements décoloniaux. Il y a une profonde absence de questionnement, de dialogue et de confrontation qui cause cet aveuglement à la pluralité. Je pense qu’il est important de se demander si nous pouvons et voulons poursuivre un projet authentiquement républicain qui est de toute évidence encore loin d’être achevé en France[2] et nécessite encore beaucoup d’efforts[3]. Poursuivre ce projet impliquerait de revenir sur des principes, des auteurs et des pratiques qui nous permettraient de préciser ce qu’est le républicanisme, afin de clarifier notre compréhension commune de l’égalité, de la liberté et de la solidarité. Pour moi, une telle démarche transparait déjà avec des initiatives locales comme les expériences municipalistes ou les ZADs, mais également ce qui s’est passé sur beaucoup de ronds-points pendant les gilets jaunes. Ce sont des pistes à explorer qui permettent de réinventer notre démocratie représentative afin qu’elle accepte mieux sa pluralité intrinsèque.

 

Quelle stratégie proposeriez-vous afin de lutter face à l’extrême-droite ?
Ma réponse est davantage formulée en tant que chercheur que militant. Ces derniers sont d’ailleurs mieux placés que moi pour cela. Cela dit de mon côté, je cherche à contribuer à ma façon. Je vais produire de la connaissance sur ses personnes de l’ED pour apprendre à mieux les connaître et mieux les identifier. Pour paraphraser Raphaël Lorca : l’ED avance souvent si ce n’est toujours masqué depuis une cinquantaine d’années. Il s’agit donc de mieux l’identifier afin de mieux s’opposer à elle et à ses idées. Il me parait également essentiel d’ouvrir des espaces entre des personnes qui ont des expériences différentes sur ces questions-là qui ne sont pas juste des expériences de chercheur.

 

 

Recueilli par Ekim Deger

Florian Dacheux