D’ailleurs et d’ici crée son prix littéraire

Août / 19

D’ailleurs et d’ici crée son prix littéraire

By / Marc Cheb Sun /

D’ailleurs et d’ici crée son prix littéraire

Le jury, coordonné par Walid Hajar-Rachedi et Bilguissa Diallo, composé de blogueurs littérature et de membres de la rédaction, remettra son prix le 8 décembre à la mairie du XVIIIème arrondissement de Paris.
Pour recevoir une invitation à la cérémonie, merci de nous contacter : multikulti196@gmail.com
Dans une première phase étaient sélectionnés:
 
6 jours, de Emilie Fatiha, Amazon publishing
 Le dernier Syrien, de Omar Youssef Soulemane, Flammarion
Les inconsolés, de Minh Tran Huy, Actes  Sud
Rivage de la colère, de Caroline Laurent,  Les Escales
Ténèbres, de Paul Kawczak, La Peuplade
La petite dernière, de Fatima Daas, Notabilia
Un monstre est là derrière la porte, de Gaëlle Belem, Gallimard
404, de Sabri Louatah, Flammarion
Marseille 73, de Dominique Manotti, Les Arènes.
 Les 4 finalistes sont :
 
404, Sabri Louatah

En 2022, sous la plume de Sabri Louatah, révélation des années 2010 avec sa tétralogie Les Sauvages, le Covid-19 s’appelle “Mirage”. Gestes barrières et confinement sont sans effet : le virus s’inocule via la rétine par écrans interposés. Des deepfakes, vidéos truquées plus vraies que nature, donnent corps à nos pires fantasmes, empoisonnent notre vision de la réalité, ravagent notre inconscient collectif. La charge virale de ces Mirages est si élevée dans la société française qu’ils précipitent l’élection à la présidence d’une jeune outsider populiste, beauté sèche et stratège à la Marion Maréchal. Elle est portée par l’élan de sympathie et d’indignation né après la publication d’une vidéo la montrant en train de subir un viol par le chef d’état algérien. À Alger, en plein Palais de La Mouradia, l’Élysée local, rien que ça… Allia, une quadra Polytechnicienne, française d’origine algérienne, de retour des Etats-Unis, croit avoir trouvé l’antidote. Le remède risque de se révéler pire que le mal.

Walid Rachedi, membre du jury

 
 
 
 
 

Le Dernier Syrien, Omar Youssef Souleimane

Le roman nous plonge dans le récit de la révolution syrienne décrit par une jeunesse qui milite pour sa liberté : une narration des plus poétiques et des plus tranchantes à l’aube du printemps arabe. C’est surtout un roman engagé où l’on découvre une jeunesse en révolte contre le régime autoritaire, revendiquant  sans concession la liberté sous toutes ses formes. C’est aussi une ode à la vie dans un pays où la jeunesse reste digne malgré les ruines, la violence extrême, la répression, la torture, une jeunesse qui continue à aimer et surtout à rêver. C’est une déclaration d’amour pour un pays qui bascule dans l’horreur, un cri d’humanité dans un pays pris en otage entre  la dictature d’Assad et les milices islamistes. A travers ce cri d’amour profond et intense dédié à l’histoire d’amour du jeune Youssef, l’un des personnages, pour son amant, on sent le refus de résigner, de céder, avec le courage de rester soi malgré tout. Une plume intense, remplie d’amour et d’espoir. Une écriture comme un lieu où la révolution continue d’exister. La puissance du rêve à chaque mot du roman nous guide vers le rêve absolu de liberté comme une écriture qui nous souffle : « Si on ne rêve pas, on meurt ».

Rachida Belkacem, membre du jury

 

Les inconsolés, Minh Tran Huy

Deux prénoms, deux voix, deux narrations. Lise et Louis sont jeunes, très différents ; ils s’aiment d’un amour passionné et fulgurant. Elle dit JE, est eurasienne, issue des classes populaires. Elle a sobrement gravi les échelons sociaux par les études, le travail et l’abnégation. Lui, on le découvre à la 3ème personne du singulier, insolemment riche, élégant et blond. Un archétype des classes aisées à qui tout est dû, à qui tout réussit, sans effort, de génération en génération. Elle s’excuserait presque d’être imparfaite à ses côtés, lui explore son exotisme sans questionner sa démarche. Complexité des identités multiples, télescopage de deux France(s) qui cohabitent presque sans se rencontrer.
L’écriture fluide, simple et authentique de cet ouvrage qui aborde la double culture, la famille, le couple et l’identité par l’intime, toute en subtilité, est extrêmement touchante. Les personnages et leur double voix sont vraiment palpables et d’un profil qui est peu abordé par la littérature moderne.

Bilguissa Diallo, membre du jury

 

La petite dernière, Fatima Daas

Dans La petite Dernière, le lecteur est d’abord happé par la structure du texte : un monologue, des phrases courtes, rythmées. Il y a comme une nécessite de raconter avec rapidité, comme pour ne rien oublier et tout « bazarder » à la fois. La maladie, l’origine, la religion, tout est nommé, sauf l’appartenance sexuelle de l’héroïne éponyme. Elle met en opposition, et ce à plusieurs reprises, l’origine maghrébine de son prénom « Fatima », avec son appartenance à la France. Fatima connaît la valeur de son prénom dans sa religion, sans se sentir à la hauteur du symbole, du fait de son attirance pour les femmes. Ni même légitime à la pureté de celui-ci. Alors elle enchaîne les flash-back, telle une fuite en avant. Bribes après bribes, page après page, le caractère, les craintes et aspirations de l’héroïne se construisent telles des punch lines.

Raja Alaoui, membre du jury

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Marc Cheb Sun