<span class=Révolution capillaire chez Real Campus by L’Oréal">

Mar / 14

Révolution capillaire chez Real Campus by L’Oréal

By / Florian Dacheux /

Lancée à Paris en janvier 2020, l’école Real Campus by L’Oréal a pour ambition de revaloriser les métiers de la coiffure à travers un bachelor inédit en alternance. Deux ans plus tard, l’engouement est total à l’heure où les nouvelles tendances sociétales bousculent les normes d’un marché en pleine mutation. Formés à la maîtrise des gestes techniques sur tous types de cheveux, une première en France, les apprenants sont également accompagnés vers l’entrepreneuriat. Immersion au sein d’un écosystème révolutionnaire où les boucles respirent enfin.

Révolution capillaire chez Real Campus by L’Oréal

Al’heure où l’Education Nationale tarde à inclure une formation complète pour tous types de cheveux dans ses CAP et autres BTS, le Groupe L’Oréal a décidé de prendre les devants à travers l’ouverture de Real Campus. Installée depuis un peu plus de deux ans au cœur du campus Didot, un lieu de formation hybride situé à deux pas de Montparnasse à Paris, cette école de coiffure aux allures d’école d’art décline un bachelor en trois ans mêlant pratique et entrepreneuriat. Au sein d’un espace de près de 1500m2, tout a été pensé pour nourrir la créativité des apprenants. « Chez nous, les étudiant.e.s sont formés non seulement aux savoir-faire techniques de la coiffure, mais également à l’entrepreneuriat, à l’anglais ou encore au digital, résume la directrice Anne-Léone Campanella. C’est donc à la fois une école de coiffure et de commerce dans l’idée de former des entrepreneurs de la coiffure. » Conçu comme un lieu de vie au service de la pédagogie, Real Campus by L’Oréal dispose d’ateliers et d’espaces de travail collaboratifs optimisés aussi bien pour les cours de pratique que pour le mode projet. De quoi nourrir l’ambition de coiffeurs autodidactes ou expérimentés, désireux de s’enrichir mutuellement au cours d’un cursus rythmé chaque année par trois mois de cours suivis de neuf en entreprise. « Toute la pédagogie s’articule autour de l’expérience client, poursuit Anne-Léone Campanella. On fait en sorte de rendre nos étudiants acteurs de leur propre formation en personnalisant au maximum chaque parcours. Il s’agit de les accompagner dans un secteur en pleine mutation afin qu’ils soient en prise avec les nouvelles attentes des consommateur.trice.s. et les nouvelles tendances. »

Des espaces de travail optimisés aussi bien pour les cours de pratique que pour le mode projet.

« On sent que c’est le moment de la boucle »

Parmi ces nouvelles attentes, figurent en tête de liste celles liées aux cheveux bouclés, frisés ou crépus – dits BFC – des textures souvent boudées dans les salons traditionnels. Forte d’une carrière de 17 ans chez L’Oréal, Aude Livoreil-Djampou a été l’une des premières du milieu à s’élever contre cette forme de discrimination capillaire. Après avoir fondé en 2015 le Studio Ana’e, un concept global centré sur les cheveux multi-textures, elle dirige avec talent le bootcamp dédié aux cheveux BFC au sein de Real Campus. « Nous avons la chance d’avoir des étudiants très motivés et très appliqués, témoigne cette experte qui a eu le déclic à la naissance de sa fille métisse. Nous proposons un format condensé qui leur permet d’avancer pas à pas et de devenir autonomes. On sent une vraie appétence et une vraie envie. Il y a beaucoup de coiffeurs intéressés. On sent que c’est le moment de la boucle. » D’une routine de soin à un coiffage aux doigts en passant par la coupe des pointes, tout y passe. Les possibilités de coiffage sont multiples. « Avant de coiffer, il faut s’intéresser aux gens, rappelle Aude Livoreil-Djampou. Le cheveu frisé a une histoire. Les coiffeurs n’étant pas formés, beaucoup de gens ne vont pas en salon ou ont arrêté de s’y rendre. Ils accumulent de l’anxiété vis-à-vis de cela. C’est là que nous avons un rôle énorme à jouer pour que la personne renoue avec son cheveu. Souvent, on défrise par défaut. Or il y a plein de gestes techniques accessibles pour faire autrement. Si un coiffeur sait faire, l’autre se forme. Cela va se répandre par la démonstration. » Tel est l’enjeu du volet accordé à l’entrepreneuriat tout au long du cursus afin que les futurs diplômés repartent avec les clés nécessaires pour créer de nouveaux concepts de produits et services. « L’ADN de l’école, c’est le mélange de la coiffure et de l’entrepreneuriat mais aussi le principe pédagogique de mise en situation, précise à son tour la responsable pédagogique Laura Saadi. Nous sommes dans une démarche d’amélioration constante. Derrière, il y a toute la partie feedback qui nous permet de recueillir l’expérience des étudiants ainsi que la partie évaluation à 360 degrés où les formateurs vont regarder les compétences mais aussi la posture, l’expression orale, l’agilité. Les élèves travaillent en classe inversée, ce qui permet d’enrichir le groupe avant le début du cours et de débloquer certaines situations. Tout en valorisant leur chance extraordinaire de repartir d’ici en sachant coiffer tout type de texture. On sent l’enthousiasme car il s’agit de techniques au goût du jour. Quant au cheveu BFC, c’est un cheveu peu connu en matière de pratique éducative qui mérite une attention particulière. »

D’une routine de soin à un coiffage aux doigts en passant par la coupe des pointes, tout y passe.

« A un moment donné, il va falloir plonger dans la multiplicité des gens »

Alors que Kerastase vient de lancer Curl Manifesto, une gamme conçue pour les cheveux bouclés, frisés et crépus, c’est tout un marché qui s’organise au service d’une France plus que jamais plurielle et multiculturelle. « Dans les formations nationales, qui sont pourtant le cœur du réacteur avec les CAP, les BP et les bacs pro, ça n’a pas bougé d’un pouce car il est difficile pour la Fédération de la coiffure (ndlr : l’UNEC) de changer tout le référentiel, explique Aude Livoreil-Djampou. C’est pourquoi les grandes marques se mettent elles-mêmes à monter des formations pour accompagner le développement du marché. C’est le marché qui va driver l’offre de formations car la demande est là. L’Oréal prouve que c’est faisable au lieu de rester dans le statut quo. » On pourrait croire à un épiphénomène. En vérité, la trajectoire que prend Real Campus by L’Oréal est directement liée aux changements sociétaux en cours dans une France qui peine malgré tout à embrasser pleinement ses différences. « A partir du moment où les marques ont besoin de coiffeurs formés à tout type de cheveu, le mouvement est lancé et inexorable, ajoute Aude Livoreil-Djampou. C’est la marche du monde, sauf pour quelques personnes qui se crispent, de peur de perdre les repères d’une France du passé. En fait, le pays tout entier et par extension, la coiffure, avancent et le cheveu naturel frisé fait partie de ce mouvement là. Le terme diversité m’a toujours dérangée car la diversité est définie par rapport à un centre normé, le divers étant celui qui est différent. En fait, il n’est pas différent. Tout dépend où l’on se place. A un moment donné, il va falloir plonger dans la multiplicité des gens. » Bien décidé à bousculer les codes, l’établissement mène ainsi une petite révolution dans un secteur qui occupe le 2ème rang des activités artisanales. Et à l’instar des métiers de bouche, les débouchés sont nombreux. « Notre système inédit permet de former des gens opérationnels en prenant en considération les besoins des maîtres d’apprentissage, affine Anne-Léone Campanella. Nous sommes là aussi pour revaloriser l’idée que l’on peut se faire de ce métier et faire naître des vocations. On accompagne la transformation du secteur et si on peut contribuer à montrer la voie, alors allons-y. »

 

Textes et photos : Florian Dacheux

 

Plus d’infos ? www.realcampus.fr
Prochaine Journée Portes Ouvertes : le 18 mars

Une formule innovante : 3 mois à l’école puis 9 mois en entreprise
Ce rythme innovant permet aux entreprises de mieux maîtriser la présence des collaborateurs dans l’entreprise et les plannings. Mais aussi de pouvoir compter sur un apprenti formé au travail en salon dès son arrivée, qui pourra gérer accueil et consultation, protocoles de soins, techniques de coupes et tâches annexes telles que communication digitale et gestion des stocks. Quant à l’étudiant.e, ce rythme lui permet d’apprendre en mode agile et de se concentrer sur la montée en compétences à l’école afin de pouvoir intégrer sereinement l’entreprise. Pour rappel, le Bachelor Coiffure et Entrepreneuriat est un titre reconnu au RNCP de niveau 6 (bac +3). Le cursus est ouvert aux titulaires d’un Brevet Professionnel Coiffure ainsi qu’aux titulaires d’un Baccalauréat général ou professionnel, en formation initiale ou en reconversion professionnelle.

Henriette souhaite ouvrir un salon de coiffure thérapeutique

A 43 ans, Henriette compte déjà cinq années de coiffure à la suite d’une reconversion professionnelle. Titulaire d’un CAP, elle s’est vite sentie à l’étroit. « Je me sentais coiffeuse mais quelque part un peu segmentée, confie-t-elle. J’étais un peu perdue car je voulais travailler sur tous types de cheveux. En salon, on croit savoir mais on reproduit beaucoup d’erreurs. On ne prend pas le temps de rentrer en profondeur. Ici, j’apprends beaucoup. Cela me conforte dans mon choix. J’avais besoin d’une formation complète pour passer un cap et me lancer dans un projet en accord avec mes principes dans lequel je peux vraiment m’exprimer. Je veux toucher toutes les matières, travailler sur tous types de formes, à la manière d’un menuisier. » Son projet ? Un salon alliant coiffure et thérapie par le message au shampoing. « Je veux travailler sur l’être avant le paraître. Pour moi, l’être n’a ni couleur, ni forme. C’est un besoin que j’ai identifié et je pense être sur le bon chemin. » 

Jason réalise son rêve de gosse

« La coiffure, je n’ai jamais fait de ça ma vie », avoue Jason. Pourtant, ce jeune homme de 27 ans est loin d’être ici par hasard. « J’ai toujours aimé la coiffure mais ce n’était pas un métier pour mes parents. J’ai travaillé dans la vente jusqu’au jour où je me suis dit que c’était vraiment ça que j’aimais. Cela fait à peine deux mois que je suis ici et je ne regrette vraiment pas mon choix. » En apprentissage chez Franck Provost, il a effectué deux journées d’essai. Et déjà le premier sursaut… « Une cliente BFC est venue et je me suis rendu compte que personne ne savait s’occuper d’elle. Moi-même j’ai emmêlé ses cheveux lors du shampoing, j’étais perdu, même apeuré. Donc me dire que j’aurais les fondamentaux pour pouvoir m’occuper des cheveux BFC dans mon salon plus tard, c’est top. » Désireux d’entreprendre, Jason confie vouloir prendre le temps des trois années de bachelor. Etape par étape. 

Johana et la passion pour les produits naturels 

« Ce qui me plaît ici, c’est que l’on nous propose la mise en avant de la boucle au naturel », affirme d’emblée Johana qui, à seulement 25 ans, sait de quoi elle parle. Fille au pair pendant un an à Atlanta aux Etats-Unis, elle est tombée amoureuse des bienfaits des produits naturels sur les cheveux afro. Un déclic qui lui ouvre le champ des possibles. « Je me faisais des tresses et petit à petit j’ai commencé à coiffer des amis, à faire des braids. Puis je me suis intéressée aux cosmétiques et aux ingrédients, à faire des soins. » De retour en France, elle obtient sa licence LEA tout en exerçant un job alimentaire. Avant de lancer il y a peu Precious Is, une plateforme en lignée dédiée aux produits naturels pour cheveux BFC. « Depuis, on me demande de plus en plus d’expertise pour des coupes de pointe, des coupes structurantes. J’ai alors cherché un CAP puis je suis tombé sur Real Campus. » Touche-à-tout, elle aime la photographie et sait déjà s’y prendre pour animer sa communauté sur les réseaux sociaux. Côté projet, elle se verrait plutôt performer dans la coiffure à domicile tout en louant des sièges en salon pour se démarquer. 

« Qui dit “mixité des gens”, dit “mixité des cheveux”… »

Référent du pôle coiffure de Real Campus by L’Oréal, Alexandre Riccobono compte déjà une bonne vingtaine d’années d’expériences dans le milieu. Formé par Aude Livoreil-Djampou avant le lancement de la promotion pilote il y a deux ans, il pose un regard lucide sur sa profession. « J’ai travaillé en salon, dans l’événementiel, en freelance, et malgré toutes ces expériences, je n’avais jamais appris à manipuler le cheveu BFC. On travaillait le cheveu bouclé mais permanenté. Désormais, je maîtrise l’ensemble du diagnostic et du protocole. Cela nous bouscule. On le voit lors de nos masterclass où des coiffeurs confirmés se retrouvent en totale découverte face aux cheveux BFC. Derrière tout cela, il y a un vrai marché. Qui dit mixité des gens, dit mixité des cheveux. Nous sommes en train de former la future génération de coiffeurs. Cela va prendre du temps car c’est toujours long et difficile de faire bouger les choses en France, mais on va y arriver. »

Alexandre Riccobono au côté d’Aude-Livoreil Djampou.

« Nous sommes dans le vrai »

A 26 ans, Théo D’Aléo évolue comme un poisson dans l’eau chez Real Campus by L’Oréal. Nommé responsable du salon d’application, il prend plaisir à transmettre son savoir-faire. Également formé par Aude Livoreil-Djampou avant le lancement de la promotion pilote il y a deux ans, il embrasse les nouvelles tendances avec passion. « J’estime que nous sommes dans le vrai. Moi qui suis issu du cursus classique où on apprend uniquement à coiffer les cheveux lisses de type 1, j’attendais cette école mais elle n’est pas arrivée. L’Oréal l’a créée et je suis très heureux d’y enseigner car nous sommes directement en rapport avec la réalité du marché en prenant en compte toutes les techniques et toutes les textures. Ce besoin, je l’ai ressenti quand j’avais mon salon à Montélimar. Aujourd’hui, nous nous trouvons à un tournant. Il faut persévérer car il y a un vrai engouement et les réseaux sociaux nous aident énormément. »

Redécouvrez ici notre enquête sur les formations coiffures :

Cheveux crépus-frisés/ Des boucles en mal de formation – dailleursetdici.news

Florian Dacheux