Adama Traoré : un comité de l’ONU appelle à conclure l’enquête

Déc / 06

Adama Traoré : un comité de l’ONU appelle à conclure l’enquête

By / Florian Dacheux /

Mort d’Adama Traoré : l’appel d’un comité de l’ONU

Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale s’est dit inquiet, vendredi 3 décembre 2022, devant l’ampleur des discours de haine raciale en France. Il appelle notamment à conclure l’enquête sur la mort d’Adama Traoré. 

Vendredi 3 décembre 2022, les 18 experts indépendants du Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) ont émis une série d’observations et de recommandations, à la suite de l’examen régulier, les 15 et 16 novembre, de la politique française envers ses minorités. S’ils ont noté « la détermination et la volonté politique du gouvernement français pour ce qui est de lutter contre le racisme et la discrimination raciale sous toutes leurs formes », le comité « demeure préoccupé par la persistance et l’ampleur des discours à caractère raciste et discriminatoire, notamment dans les médias et sur internet ». Dans ses conclusions, le Comité demande notamment à l’État de conclure l’enquête sur la mort d’Adama Traoré (mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes) « afin que les responsables soient traduits en justice et sanctionnés de manière appropriée », et de se pencher sur les messages de menaces reçus par sa sœur.

 

Assa Traoré est en effet venue témoigner à Genève, le 15 novembre, devant le Cerd. Elle a ensuite été la cible de nombreux messages diffamatoires et de menaces en ligne, provenant en particulier de comptes Twitter de divers syndicats policiers et autres sites d’extrême droite. A l’instar du tweet insultant du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) à l’égard de la militante : « Cette personne ne représente personne sauf un clan criminel familial. L’ONU ne s’honore pas à donner une tribune à cette militante menteuse et radicalisée qui crache sur la France. »

 

Le Cerd exhorte à « garantir la sécurité » d’Assa Traoré et demande à la France d’engager des poursuites pénales. « Il est essentiel que la France exprime publiquement sa position sur le droit de Mme Traoré à un droit d’accès sans entrave et de communication avec l’ONU et à la liberté d’expression », affirme de son côté l’ONG International Service for Human Rights (ISHR).

 

Dans le document public de dix pages, le CERD évoque la mauvaise qualité de l’accueil des demandeurs d’asile et des mineurs isolés étrangers, le manque de formation des agents publics à la lutte contre les discriminations, les discriminations des Roms et des gens du voyage, les difficultés d’accès à l’éducation des enfants en Guyane et Nouvelle-Calédonie, le profilage racial ou ethnique des contrôles de police ou encore le manque de suivi des plaintes pour violences policières.

 

Sources : Le Monde/Médiapart

Illustrations : Florian Dacheux

Manifestation à Paris contre les violences policières le 13 juin 2020. (Archives / Florian Dacheux)

Ce mercredi 7 décembre 2022 sort en salles Nos frangins de Rachid Bouchareb. Le réalisateur d’Indigènes revient sur la mort de Malik Oussekine et d’Abdel Benyahia, tués la même nuit de décembre 1986 par des policiers.

Florian Dacheux