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Sep / 30

RDV de Zaïa #4

By / akim /

Les RDV de Zaïa

Miroir, l’école des talents de demain

L’Association Miroir a pour but de détecter les talents français dans leur pluralité. “C’est ainsi que la France pourra se challenger à l’international” déclare sa fondatrice.  En 2011, Catherine Jean-Joseph Sentuc et Alan Boone, forts de leurs expériences respectives dans le monde des médias, décident de palier à leur frustration en créant «un médiateur culturel pour l’émancipation citoyenne de la jeunesse». Sept ans plus tard, Miroir travaille sur deux volets. D’abord, il y a l’École Miroir, à Epinay-sur Seine, créée en septembre 2011.  2018, c’est la troisième promotion de ce centre de formation aux métiers du spectacle et de l’audiovisuel. Pour la présidente, il était essentiel de «permettre aux talents aphones de pouvoir s’exprimer»

Catherine Jean-Joseph Sentuc

Ensuite, l’association Miroir est également à l’origine du projet Miroir Citoyen, qui se veut comme une «valise pédagogique» : une pièce de théâtre OU EST PASSÉE  MARIANNE (auteur : Alain Teulié) qui va tourner partout en France dans l’hexagone et outre mer (dates ci-dessous) sous sa forme théâtrale ou sous forme de lectures-débats (Auteure du recueil de textes: Florence Combaluzier) sur le thème de la citoyenneté. Enfin l’association propose un cycle d’ateliers destinés aux jeunes de 3e et de 2nde afin de s’informer sur les métiers du théâtre.
D’ailleurs et d’ici est le fier partenaire de ce projet et vous pourrez nous retrouver lors des rencontres-débats organisés dans ce cadre.

 

Aujourd’hui, je suis intriguée, et curieuse : je décide d’aller à la rencontre de la promotion 2018 de l’Ecole Miroir.
Mardi matin, séance de shooting photo.
J’entre timidement dans la salle noire ; le photographe Franck Ferville est déjà en plein réglage de lumière.
Je me fais toute petite et prends place au fond : parfait point de vue !
Alexis Leila Essadki pose timidement, c’est sa première séance photo. Et elle joue le jeu : veste de velours mauve et pantalon de soie à fleurs, c’est la tenue choisie pour briller.
Cette timide comédienne, fan d’Isabelle Adjani et de Meryl Streep, me confie avoir trouvé ici une nouvelle famille. Lumineuse, mystérieuse, Alexis s’épanouit au contact des autres, construit son rêve de cinéma et ça, c’est touchant.

Les talents que je m’apprête à rencontrer ont été sélectionnés lors d’une tournée de recrutement dans plusieurs villes de France : une façon pour Miroir de casser les inégalités face à la culture et, à moyen et long terme, d’interagir de manière plus efficace avec les structures locales.
Un recrutement tous les deux ans, un apprentissage de qualité sur trois ans (dont une année de suivi artistique), la gratuité : autant dire que les places sont chères !

 

Derrière moi, Rachid Guellaz est assis, façon cowboy, dans l’obscurité.
Imposant par sa carrure, je ressens immédiatement une forte personnalité. À ma question : «Tu es un peu stressé de poser ?», il répond : «pas vraiment» avec cette assurance presque classe. Je souris, j’adore.
Concentré, il prend la température, et semble tout droit sorti d’un ring, prêt à aller au combat avec l’objectif. De Tours à Paris, Rachid est tout terrain. Il est monté dans la capitale pour poursuivre son rêve de devenir prof de judo, et le voilà embarqué dans une nouvelle aventure : comédie et castings, trois séries et quatre apparitions dans des films, tout s’enchaîne. Il me confie même fièrement être sur la piste d’un second rôle dans le long métrage d’un réalisateur reconnu : à suivre !

Le photographe met les jeunes talents à l’aise, une pointe d’humour, et des exclamations : «Génial», «Super ça !», «Ne bouge plus !». Ca fonctionne. Franck, c’est le liant de cette journée.

 

Fanny Augustin, directrice de l’école, est là dans l’ombre.
Bienveillante, souriante, elle filme les coulisses de cette séance, soucieuse de capturer les moments-clés de ces vedettes en devenir.
Je me risque à lui demander de décrire ces talents en quelques mots : «fun», «ambition», «énergie», me souffle-t-elle. «Grâce à eux, je suis perfusée à la réalité».

«Johanna, c’est à toi !»
Johanna Boyer, beauté d’une vingtaine d’années, me confiait, cinq minutes avant, vouloir échapper au superficiel du monde du mannequinat.
«Je ne me vois que dans l’artistique.»
Après l’avoir vue jouer devant l’objectif, je n’en doute plus. Cette jeune femme est faite pour ça : faite pour devenir, comme elle le souhaite, une artiste complète : «Les comédies musicales, j’adore !»
Forte de son expérience (apparition dans des pubs et des séries), elle a trouvé chez Miroir «un soutien, une compréhension», et la méthode pour être «crédible » en passant d’un rôle à l’autre».

La méthode : c’est la force de l’Ecole Miroir.
Fanny Augustin me parle de l’accompagnement dont les élèves disposent : un programme sur-mesure qui se veut «juste, franc, et transparent» afin d’atteindre l’excellence.

Fanny Augustin, directrice de l’Association.

À force de patience, de multiples combats pour faire vivre la structure et les projets, de questionnements pour savoir trouver sa place dans le paysage culturel français, l’École Miroir s’est imposée avec un style décalé et une pédagogie résolument bienveillante : un camarade de promotion n’est pas un adversaire.

Je lève les yeux et retrouve ces jeunes assis, à discuter, se chamailler, comme dans une cour d’école. L’ambiance est légère et la complicité réelle.
Le thème de la conversation, depuis quelques minutes : le nœud pap’ d’Alexandre ne se ferme plus.

Alexandre Antonio, alias toniolife sur les réseaux sociaux, est ce qu’on appelle un influenceur. Star sur Internet, il s’est inscrit ICI en toute humilité pour se mettre en danger, et pouvoir s’attaquer, mieux armé, au monde du cinéma.
Conscient des limites du net et lucide sur ses perspectives futures, il déclare, parlant du 7ème Art : « C’est ça que je veux faire. »
Alexandre est élogieux envers ses professeurs, ravi de se professionnaliser et de gagner en rigueur de travail : «Un jour, je gagnerai un César». Une touchante ambition assumée.
Soucieux de faire passer des messages par son travail, c’est un jeune homme de son époque, qui déborde d’imagination… d’ailleurs, sa web-série s’intitule Débordé !

Alexandre Antonio prend la pose.

Check, «Salut mec !» interrompt Maheyedine alias Mahé.

Lillois et fier de l’être, il a su conquérir son Nord natal par son humour décalé et cette volonté assumée de se détacher du stand-up traditionnel et des clichés qui lui sont rattachés.

Tout juste rentré d’un stage au Festival d’Avignon (dans le cadre de ses études à Miroir), il me conte, les yeux pleins d’étoiles, la découverte d’autres registres, les coulisses d’un tel évènement, les belles rencontres et le jeu devant un public exigeant.

À l’affiche de la pièce Plus si affinités (Mathilda May et Pascal Légitimus), et repéré pour d’autres productions, il me dit travailler à la mise en scène de son spectacle et aiguise ses techniques chez Miroir.

Selon les années, un certain nombre de talents sont choisis pour faire un «stage de césure» en immersion dans le monde artistique, grâce à des partenariats noués localement (Théâtre du Balcon à Avignon, le théâtre Lorette, etc,…)

L’équipe de l’Association Miroir au Festival de Cannes.

Je sors de cette séance bouleversée, et rassurée par le futur que ces talents sauront construire.
Cette génération m’a frappée par son aplomb, son assurance, sa lucidité et son côté Touche à tout.
Certains vous diront que Miroir est une école d’actorat, mais ce que j’y ai vu, c’est une fenêtre vers un futur riche de sa diversité et une génération de talents qui ont faim : faim de tout essayer, faim de s’améliorer au contact des autres et une volonté farouche de trancher.

Où est passée Marianne,.

Retrouvez le projet Miroir citoyen à leurs lectures-débats aux dates et lieux suivants, afin de découvrir ce projet constructif et participatif et rencontrer l’équipe de l’association Miroir, ainsi que celle de D’ailleurs et d’ici (partenaire).
À chaque étape, un concours local sera organisé afin d’élire la personne ou structure locale la plus citoyenne.

LES RDV DE ZAÏA :

Texte : Zaïa Khennouf 

Crédits Photos : Association Miroir

akim