Rachida Belkacem, poétesse: “La poésie orale ou écrite met l’accent sur notre lien privilégié à la nature”

Juil / 04

Rachida Belkacem, poétesse: “La poésie orale ou écrite met l’accent sur notre lien privilégié à la nature”

By / Marc Cheb Sun /

Rachida Belkacem, poétesse : “La poésie orale ou écrite met l’accent sur notre lien privilégié à la nature.”

Rachida Belkacem était membre du jury du prix littéraire D’ailleurs et d’ici 2020 que nous avons remis à Minh Tran Hui.  Elle publie aujourd’hui un recueil de textes poétiques très attendu.

 

Vous publiez un recueil de poésie, parlez-nous un peu de votre univers…

Mon univers est celui de tout le monde. Surtout un monde où jaillit une profonde envie de liberté, d’évasion. Et comme j’aime observer, écouter et transmettre des émotions, la poésie me permet tout cela. Incontestablement aussi, mon univers se nourrit d’un amour profond pour la littérature, la nature et l’humain. L’humain, ses émotions et ses doutes… Une partie de mon plaisir d’écrire réside dans le fait de m’imprégner de la réalité des vies qui m’entourent et des évènements de vie que nous traversons tous. L’écriture est toujours à mon sens une passerelle vers l’autre. Je vis la poésie comme une fenêtre d’espoir, une manière de réinventer nos vies et de “retisser” du lien. 

 

Quelle place la poésie peut-elle occuper dans notre monde aujourd’hui?

Je dirais une place essentielle et indispensable, la poésie orale ou écrite met l’accent sur notre lien privilégié à la nature. La nature, lieu d’équilibre pour l’Homme. La poésie reste une bonne manière de traverser les mondes pour pouvoir enfin donner du sens à nos quêtes. Elle vient rappeler à l’homme, à nos sociétés si tourmentées qu’elle doit ses libertés à tous ces hommes qui ont su voir la beauté. La poésie a des vertus apaisantes, elle nous enracine et nous élève à la fois ; c’est un fragment de lumière qui lie les hommes, un élan indispensable vers la quête de notre humanité. Avec la crise sanitaire, elle apporte son message universel en transformant nos espoirs en force collective.

 

L’édition y accorde-t-elle suffisamment de place?

Evidemment je dirai pas assez, la poésie contemporaine se réinvente continuellement faisant émerger des nouvelles voix. Elle reste toutefois méconnue du grand public. C’est pour cela que j’ai fait le choix de MINDSET Editions, une maison très bien diffusée sur le territoire national et à l’étranger pour que les gens puissent lire de la poésie en format ebook et papier.

 

Le slam participe-t-il à un renouveau de la poésie et entraine-t-il de nouveaux lecteurs?

Le slam a cette capacité de dépasser l’écrit en investissant d’autres espaces, l’idée de sortir la poésie de son espace habituel est un atout majeur. Incontestablement, il nous faut l’encourager, chaque fois que cela est possible. Le slam ne s’adresse pas qu’aux jeunes, il offre un dynamisme et une sonorité différente aux mots. On y retrouve une force et une authenticité qui répond à nos attentes d’aujourd’hui tout en y apportant légèreté et profondeur.

 

Vous avez travaillé avec une plasticienne?

Effectivement, j’ai dès le départ eu le souhait d’une collaboration artistique, les mots et les images se fondent pour le plus grand plaisir du lecteur, je l’espère, permettant  ainsi un univers plus intense et plus lumineux. J’ai imaginé l’ouvrage comme une invitation à voyager, les peintures ont su y apporter le mouvement du voyage. Le langage poétique se caractérisant par les images, Ilham Laraki Omari (artiste plasticienne) offre ainsi au recueil Phronésis une ouverture toute en retenue, en profondeur et en finesse. Elle a su construire un bel univers où les thèmes abordés nous plongent essentiellement dans l’introspection, la contemplation et la beauté.

 

Recueilli par la rédaction

 

Disponible chez Mindset Editions en pré-commande.

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Marc Cheb Sun