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Juil / 21

Quand le gratin des séries européennes se réunit à Fontainebleau

By / akim /

Quand le gratin des séries européennes se réunit à Fontainebleau

Depuis les années 2000 et particulièrement depuis l’avènement de Netflix et du streaming, les séries TV sont devenues le nouveau pourvoyeur de distraction audiovisuelle. Aujourd’hui, c’est du fond de nos canapés ou de nos lits qu’on s’enfile des saisons entières dont on n’arrive pas à décrocher. Il y en a pour tous les goûts et style.

Bien entendu, les Américains ont encore une longueur d’avance, pour autant les Européens ont également compris que nous sommes entrés dans l’âge d’or de la série et que c’est le nouveau terrain de jeu pour exprimer la créativité des auteurs, scénaristes et réalisateurs talentueux.

C’est dans cet esprit qu’a été créé Série Séries, ce rendez-vous de la profession qui se tient tous les ans à Fontainebleau depuis huit ans.  Avec l’appui de toutes les instances décisionnaires du secteur (la SACD, les grandes chaînes publiques entre autres), les professionnels de la production TV trouvent ainsi l’occasion de se réunir dans un cadre prestigieux comme le Château de Fontainebleau. La ville a ainsi mis à disposition ses cinémas et lieux atypiques pour permettre au public de plus en plus curieux de rencontrer les créateurs des prochaines séries à venir. Projections, débats, études de cas, master-class, tout est pensé pour rendre plus accessible ce genre de plus en plus populaire.

Les spectateurs ont pu découvrir en avant-première Happily ever after, une série islandaise qui décrypte de manière savoureuse les troubles conjugaux et l’infidélité, Polichinelles, série française abordant la question de la PMA et de l’homoparentalité ou encore Malaka et Gang of London, qui aborde la criminalité et les gang sur fond de rivalité ethnique dans les villes de Londres ou Malaga.

La rencontre avec les équipes de production (scénaristes ou producteurs), ainsi que la variété des thématiques et des tons, met en lumière la vitalité de la production télévisuelle européenne. En effet, il semblerait que la tendance soit à une certaine forme de réalisme qui tranche avec le côté lisse et normé des séries françaises. On y constate pour nombre d’entre elles des personnages semblables dans leur variété et leur style à ceux qu’on rencontre dans la vie, et cela apporte une fraicheur et une adhésion au programme. Bien que les scénarii soient eux toujours assez exceptionnels (le banditisme et les événements rocambolesques gardent une place prépondérante pour des questions de story-telling et de ressorts scénaristiques), ils sont compensés par la présence d’acteurs de tous horizons et de toutes générations. Si Canal + semble faire exception à cette caractéristique, les producteurs français auraient tout intérêt à prendre également ce pli et se mettre au niveau de leurs confrères. Mention spéciale pour la série maltaise Holy Mary, qui réalise le tour de force d’offrir à une actrice noire un des rôles principaux et de questionner le racisme de la population. Pour un pays qui accueille des salves de réfugiés africains et ne dispose pas d’une immigration noire très ancienne, c’est particulièrement audacieux !

Il faudra désormais inscrire Série Séries parmi les événements culturels incontournables pour les fan franciliens de séries. Rendez-vous pour l’édition 2020 !

 

 

Bilguissa DIALLO

akim