Le Red Star, c’est bien plus que du football

Mai / 01

Le Red Star, c’est bien plus que du football

By / Florian Dacheux /

À l’heure où le mythique stade Bauer se refait une beauté, le Red Star, club emblématique de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, pioche régulièrement dans ses archives pour transmettre la richesse de notre histoire commune. Une transmission nécessaire pour contrer l’oubli – et les idées d’extrême droite qui, en infusant toute notre société, gangrènent le monde du sport.

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RED STAR FC

la croisade contre

Bien plus que du football

Il y a dans ce club tout ce que le monde du football perd chaque année un peu plus. Cet amour d’un maillot, d’une étoile qui scintille quels que soient les soubresauts, d’un stade sans égal et d’une ferveur populaire centenaire. Ici, en Seine-Saint-Denis, de l’autre côté de la porte de Clignancourt, le Red Star cultive une forte identité. Une histoire intime ment liée à l’histoire de France, ses héritages et ses mouvements de population. Avec cette idée que le football, malgré ses nombreuses dérives, incarne un jeu où le ballon rond crée du lien, tel un théâtre universel. « Nous sommes dans un département où la mixité et la diversité sont incontournables, confie d’emblée Steve Marlet, ancien joueur du club, aujourd’hui conseiller du président Patrice Haddad. Notre club est à l’image du 93. On peut le voir quand on se balade autour du stade et c’est important de cultiver ça. À l’époque, on n’avait pas tous ces problèmes de vivre ensemble. Aujourd’hui, il y a de nouveaux combats, notamment face aux idées d’extrême droite. Il ne faut pas céder. »

Histoires et mémoires

Les grands personnages du foot, dont bon nombre sont venus d’ailleurs, les joueurs de l’équipe fanion (aujourd’hui en Ligue 2) les ont arborés sur leur maillot tout au long de la saison sportive 2020-2021. La tunique des joueurs a été conçue pour servir de support pédagogique. Dans un département où 30 % des habitants ont moins de 20 ans, ce projet éducatif sur le plan de la lutte contre toute forme de discrimination, chapeauté par l’historien Pascal Blanchard, n’a pas tardé à séduire de nombreux établissements scolaires franciliens. Les élèves d’une classe de seconde du Lycée Marcel Cachin de Saint-Ouen ont été les premiers à recevoir un cours d’histoire inédit, en présence du champion du monde de football Lilian Thuram et du maire de la ville, Karim Bouamrane, avant que la crise sanitaire ne perturbe le programme prévu. Après une nouvelle intervention au Lycée Paul Eluard de Saint-Denis, avec la participation de la plume de L’Équipe Vincent Duluc, une dizaine de séances ont pu avoir lieu. L’outil clé ? Une série de cartes présentant les joueurs et les événements historiques liés à toutes les saynètes, de la Belle Époque aux Trente Glorieuses en passant par les première et seconde guerres mondiales.

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Cet article, dans son intégralité, est publié dans notre livre Les Réparateurs, coordonné par Florian Dacheux, en librairie et sur toutes les plateformes en ligne.

Florian Dacheux