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Mai / 01

La réalité virtuelle au service de la prévention

By / Florian Dacheux /

Autres méthodes préventives sur les conséquences tragiques des rixes, du narcotrafic et autres rodéos urbains : celles du réalisateur Nadir Ioulain et ses fictions en réalité virtuelle qu’il décline partout en France. Engagée localement comme à l’international, son association ACIAC utilise la technologie pour provoquer prise de conscience et réflexion.

RÉPARER NOS VIOLENCES

La réalité virtuelle

la croisade contre

Au service de la prévention

Le plus souvent, les passions naissent au plus jeune âge. Enfant de La Verrière – voisine de Trappes en banlieue ouest de Paris – Nadir Ioulain est fasciné par les films de Spike Lee, Wong Kar-Wai ou encore Steven Spielberg. « Je regardais plein de making off, se souvient l’Yvelinois. J’étais très curieux. Cela me galvanisait. Alors, au début, mon rêve semblait inaccessible. Et puis… j’ai réussi à emprunter un caméscope qui appartenait à la tante de mon meil leur ami. Et voilà ! » Petit à petit, cet amateur de hip hop remporte le prix Défi Jeune puis réalise un premier court métrage en 2001. Se nourrir de tout, tout en restant soi. Tel est le leitmotiv d’un jeune homme déterminé, passé par tous les métiers d’un plateau de cinéma. « J’étais vraiment ouvert à l’apprentissage même si ça reste un milieu où on peut vite te formater. Bien plus tard, je me suis retrouvé, cette fois en tant que producteur, à engager des jeunes formés dans de grandes écoles telles que Louis Lumière. Ce sont souvent des techniciens purs et durs : j’ai aussi beaucoup appris à leurs côtés. »

Adrénaline

Après plusieurs films, et la série Re-belle qu’il réalise et produit pour France Télévisions en 2014, Nadir s’intéresse de plus en plus à l’univers de la Tech – et des effets spéciaux de manière générale – de la réalité virtuelle à la réalité augmentée. Printemps 2020. Nadir, comme l’ensemble des Français, est confiné dans son appartement dans le quartier du Bois de l’Étang à La Verrière. « Je me suis mis à imaginer ce qui pouvait se passer dans les quartiers, des endroits et des univers hyper cinématographiques que j’ai beaucoup fréquentés. Je voyais des cadres, du béton, des friches. » Avec son association l’ACIAC, fondée dès 2012 entre La Verrière et Trappes, il commence par organiser des premiers stages avec des jeunes de différents quartiers pour leur apprendre à créer des œuvres immersives à l’aide de technologies d’avenir. Naît les Cités Fantastiques, un projet qui remixe la culture urbaine avec l’univers du jeu vidéo et une vision « Tech for good », comme diraient nos voisins anglo-saxons. « À ce moment-là, je sortais de sept ans d’écriture sous contrat avec Agat Films pour la réalisation d’un long-métrage sur trois femmes qui arrivent en France au début des années 1970. Mais les chaînes m’ont demandé de transformer mon script en comédie pure et dure. J’ai refusé. Dans le même temps, j’observais ces courses de moto dans les rues du quartier, ce jeu du chat et de la souris entre des jeunes et la BAC. C’est là que je me suis lancé dans un film en immersion. Les courses de motocross, je connaissais depuis des années. Je connais aussi des gens qui en sont morts. On a toujours été témoins de cette dangerosité et, en même temps, de cette addiction à l’adrénaline. »

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Cet article, dans son intégralité, est publié dans notre livre Les Réparateurs, coordonné par Florian Dacheux, en librairie et sur toutes les plateformes en ligne.

Florian Dacheux