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Nov / 01

Invisibles, la grande production ivoirienne, arrive sur Canal+ Afrique le 29 octobre

By / akim /

Invisibles, la grande production ivoirienne vient d'arriver sur Canal + Afrique

Un événement. Nous avions rencontré son talentueux réalisateur il y a deux ans. Alex Ogou était alors en pleine préparation de ce 10 fois 52 minutes.

 

 

Vous êtes entre la France et la Côte d’Ivoire…
La série, c’est un vrai marché en Afrique, en Côte d’Ivoire en particulier. Il y a un cruel manque de salles de cinéma. Pour les réalisateurs ou producteurs, la première diffusion imaginée sur un projet, c’est la télévision. Les chaînes préfèrent aller vers la série. Assez naturellement, je suis rentré dans ce modèle-là.

 

Vous travaillez actuellement sur un nouveau projet, Invisibles ?
C’est une très grosse série en terme de budget, de potentiel de visibilité et de sujet. Elle traite des microbes (« invisibles » donc). Un phénomène qui gangrène la vie des Abidjanais et des Ivoiriens. Il y a eu beaucoup de méfiance de la part des autorités qui m’ont suggéré, à raison, de changer le titre initial (Microbes) jugé trop crispant. Je l’ai fait sans difficulté, car ça m’a tout de suite permis d’instaurer une distance : le projet relève de la fiction. Il a fallu que je rassure les autorités pour qu’à leur tour elles rassurent les diffuseurs. Et j’ai réussi.

 

Une réalisation proche du documentaire, comme a pu l’être The Wire aux USA ?
Souvent quand on utilise le terme « réaliste », on pense caméra à l’épaule. Pour moi, il s’agit plutôt du fond et de la manière de le traiter. Ma particularité, dans Invisibles, c’est de vouloir tourner avec des personnes directement concernées par le sujet. Ce qui peut donner une approche plus documentaire. En réalité, ce terme m’effraie un peu. Je veux tourner dans les conditions les plus réalistes possibles, en termes de lieux, de décors, de comédiens, mais la série est 100% fiction. On n’est pas dans du documentaire, mais dans du documenté.

 

En France, il y a eu votre projet Veuves noires dont le seul teaser nous a hypnotisés…
L’idée de la série est de jouer avec les a priori. C’est l’histoire de quatre femmes de gangsters qui s’allient pour prendre la tête d’une mafia africaine. À ce jour, il y a eu beaucoup d’intérêt mais pas de propositions formelles. Quand est venue la question du financement, j’ai eu droit aux poncifs relatifs au milieu audiovisuel français : Pourquoi seulement des Noirs dans les rôles principaux ? – bien que ce ne soit pas le cas ! Une preuve de plus de la non volonté de représenter des Noirs dans des rôles non pas importants, mais dominants. J’ai eu un bon contact avec le groupe Lagardère, qui a marqué un vif intérêt mais a abandonné. Néanmoins, nous avons d’autres projets ensemble.

 

Si votre vie et votre carrière étaient une série ?
Ce serait Racines (Roots qui raconte l’histoire d’une famille afro-américaine, de l’esclavage jusqu’aux années 60). Parce qu’elle parle d’une lutte pour une indépendance de fond et de forme.

Recueilli par Abdallah Soidri

akim