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Fév / 22

Esclavage et Traite négrière : des femmes en lutte

By / Florian Dacheux /

Alors que nous célébrons les 25 ans de la loi Taubira, tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, la rédaction de D’Ailleurs & D’Ici vous propose un focus sur le rôle des femmes dans la résistance contre l’esclavage et la traite négrière.

Esclavage et Traite négrière : des femmes en lutte

Des résistances plurielles 

L’histoire de l’esclavage colonial est à la fois commune et diverse car non seulement il dure plusieurs siècles (du XVe au XIXe) et dans plusieurs endroits du globe, mais il connaît aussi des bouleversements causés par les résistances incessantes des esclaves. Dans les colonies françaises, encore plus qu’ailleurs, les esclavagistes choisissent de recourir à l’importation constante d’hommes mais beaucoup moins de femmes. Ce déséquilibre aura des conséquences. Sous l’esclavage, les femmes ne seront jamais protégées par leur genre. Alors que la « femme blanche » fragile, soumise et douce est inventée, les femmes noires ne sont pas considérées comme « femmes ». Les esclavagistes les font travailler, et les punissent, aussi durement que les hommes. Domestiques, nourrices, travailleuses, nulle part, elles sont exposées à des violences sexuelles.

Dans les plantations, les formes de résistances des femmes sont multiples – culturelles, économiques, politiques. Elles se battent pour que leurs enfants ne soient pas vendus ou soient préservés des travaux les plus durs, elles participent aux insurrections et aux rebellions. Elles marronnent (s’enfuient des plantations) et sont membres de communautés libres en Jamaïque, au Brésil, à l’Ile de la Réunion, à Trinidad, en Colombie, en Guyane Française, et ailleurs. D’autres sont de véritables cheffes de guerre, de grandes stratèges. D’autres encore font des procès à leurs propriétaires qui veulent s’emparer de leurs enfants ; elles montrent leur capacité à défendre leurs droits. Elles gagnent même des procès. Elles établissent des petits commerces, tiennent des auberges. Elles publient des témoignages. Contre tous les obstacles, contre toute la brutalité et la violence esclavagiste, elles demeurent actrices de leur histoire.  

 

Des résistances révolutionnaires

En Jamaïque, Cudjoe Queen Nanny a été une cheffe marronne, une importante figure spirituelle, une grande résistante. Vers 1720, Nanny et son frère Quao contrôlent la région entière des Blue Mountains et fondent Nanny Town où des esclaves libérés s’installent. Grande stratège, Cudjoe Queen Nanny mène une guerre de guérilla, notamment en dissimulant ses troupes sous des feuillages afin que les soldats anglais ne les voient pas et tombent dans leurs embuscades. La communauté qu’elle dirige parviendra à imposer aux Anglais des traités reconnaissant leur souveraineté. Elle pratique le commerce  de troc, cultive, crée une culture spécifique.

Au Brésil, au XVIIe siècle, dans les communautés marronnes très bien organisées, appelées quilombos, Dandara devient l’une des grandes figures de la résistance afro-brésilienne. En août 1791, lorsque les esclaves de Saint-Domingue se soulèvent, de femmes, comme Sanité Bélair, Marie Jeanne Lamartinière, Catherine Flon, Marie-Claire Heureuse, ou Victoria Montou, combattent aux côtés des armées révolutionnaires haïtiennes. Elles sont infirmières, cantinières, portent le fusil, et plusieurs d’entre elles meurent héroïquement sous les coups de l’armée française. Des rivières et des montagnes portent aujourd’hui leur nom.

Souvent, seul le prénom d’une résistante apparaît, furtivement, comme Claire, maronne du XVIIIe siècle en Guyane Française. A l’Ile de la Réunion, on ne connaît pas grand-chose d’Héva, marronne de la première moitié du XVIIIe, sauf qu’elle vécut avec son compagnon marron, Anchaing, jusqu’à leur mort respective dans les montagnes. Au XIXè siècle, Harriet Tubman, une des grandes héroïnes de l’Underground Railroad aux Etats-Unis, mène plus de 300 familles d’esclaves des plantations du Sud vers les Etats du Nord ainsi qu’au Canada où l’esclavage était aboli. Elle vit dans des conditions extrêmement dangereuses, risquant sa vie à chaque minute, puisque les esclavagistes avaient le droit de tuer les esclaves qui s’échappaient et les personnes qui les aidaient. Si les luttes des femmes noires sont encore à découvrir, malgré de grands progrès, c’est que les archives coloniales non seulement sont fragmentaires mais privilégient les hommes. L’histoire des femmes noires continue à se faire.

 

Des résistances juridiques

Des femmes noires ont mené de longues et difficiles batailles juridiques pour obtenir leur liberté, celle de leurs enfants, ou pour exiger une compensation financière comme Elisabeth Freeman qui, en 1781 aux Etats-Unis, gagne son procès et obtient une indemnisation pour ses années de travail servile. Son cas fera jurisprudence. Aux Antilles, des femmes esclaves font appliquer par le tribunal l’article du Code Noir qui fait de leurs enfants des êtres libres, si elles-mêmes le sont. Les esclavagisées comprennent comment fonctionne la loi et comment la contourner ou la combattre.

 

Témoigner

Si des femmes esclavagisées sont prêtresses, assurent la transmission de savoirs et de rituels, peu auront l’occasion de faire publier leurs témoignages, ce qui rend les quelques autobiographies et textes connus encore plus précieux. Les obstacles ne relèvent pas seulement de l’accès à l’écriture ou à l’impression. Quand Phyllis Wheathley, première poétesse noire connue, publie ses poèmes, trois avant la révolution américaine, la société blanche refuse de croire que c’est une Noire qui en est l’auteure. Car le racisme repose sur l’idée d’une inhumanité des Noir.e.s, de leur incapacité à faire preuve de créativité artistique. Avec leurs publications, Mary Prince, Harriet Tubman ou encore Harriet Jacobs, démontrent l’absurdité de cette idée. 

Dès que la photographie est inventée, des femmes noires s’en saisissent comme Sojourner Truth qui se fera photographier plusieurs fois dans sa vie, dans une pose pleine de dignité, assise avec un livre à la main. Ainsi, elle renverse les représentations stigmatisant les femmes noires. Sillonnant les Etats-Unis, elle prône l’abolition de l’esclavage et les droits des femmes et intervient, en 1851, à la première National Women’s Rights Convention à Worcester au Massachusetts. Elle y prononce son plus fameux discours : Ne suis-je pas une femme ? , répondant ainsi à un homme qui lui conteste son humanité. Dans les colonies françaises, aucun texte de femmes esclavagisées n’est connu. Leur résistance vit dans les mémoires orales.

 

Des résistances économiques

Les résistances économiques sont diverses. Des femmes noires vendent leurs marchandises dans des marchés dans les Caraïbes ou au Brésil, comme le montrent déjà des tableaux du 17ème siècle. D’autres tiennent des auberges, sont repasseuses, couturières, modistes, lavandières, épicières, nourrices. En France, les archives d’une présence féminine noire sont encore très fragmentaires. Le journal d’une communarde de 1871 évoque bien une femme noire cantinière dans son régiment mais sans donner aucun détail. Des recherches beaucoup plus fines seront nécessaires mais on sait que dans les colonies en Martinique, en Guadeloupe ou à La Réunion, des femmes tenaient des petits commerces, des étals de marché, étaient ouvrières agricoles.

 

Le caractère sexiste du racisme

Les femmes noires ont toujours montré que racisme et sexisme étaient intimement liés. Elles ont démontré les interactions entre représentations, lois, exploitation, racisme et pratiques sociales et culturelles, que la construction du genre est traversée par la race et la classe.

Esclaves, quand elles étaient enceintes, elles devaient travailler jusqu’au dernier jour, parfois accoucher dans les champs où elles étaient souvent reléguées aux travaux les plus durs. Elles devaient s’occuper des enfants des femmes blanches, avant les leurs. 

Les femmes noires n’ont jamais cessé de lutter. Au XXème siècle, elles ont continué à être actives dans les luttes. Aux Etats-Unis, elles ont crée un syndicat des travailleuses domestiques, à La Réunion elles ont créé le syndicat des lavandières. En Guadeloupe et en Martinique, elles ont participé aux grandes grèves dans les usines et les plantations, elles ont participé à toutes les luttes. Aujourd’hui encore, elles sont là, dans Black Lives Matter, les luttes contre les violences policières, les féminicides.

 

Les limites du mouvement féministe européen 

Dans les colonies, les femmes blanches esclavagistes ont été aussi cruelles et dures que les hommes, comme l’ont montré des historiennes. Celles qui avant leur mariage possédaient des êtres humains imposaient de les garder comme leur propriété dans leur contrat de mariage, pour pouvoir les  punir ou les vendre à leur guise, sans l’accord de leur époux. 

En France, des membres de familles riches résident dans les colonies esclavagistes tissant ainsi des liens étroits entre colonie et métropole, mais la présence noire reste à distance. Quand des esclavagistes viennent avec leurs domestiques esclaves noir.e.s, l’inquiétude s’installe. Une « police des Noirs » est créée en 1777 qui interdit aux Noir.e.s de circuler librement. Si des Noir.e.s apparaissent dans des tableaux, c’est pour faire contraster leur peau noire à la « beauté » de la blancheur. 

Dans le mouvement abolitionniste européen qui émerge au XIXe siècle et qui lie l’Amérique du Nord, les Caraïbes, l’Angleterre et l’Europe, des femmes émergent, comme Amanda Berry Smith. En France, l’auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791, Olympe de Gouges s’élève contre l’esclavage au début des années 1780 avec la première pièce du théâtre français dénonçant le système économique esclavagiste. Pourtant, cet antiesclavagisme féministe n’ira pas jusqu’à  se battre pour une réelle égalité car il choisit d’ignorer le racisme. Car la distance avec l’esclavage n’affaiblit en rien le racisme anti-Noir.e, et si l’antiesclavagisme français sera pour l’abolition de l’esclavage, il n’envisagera pas une complète égalité. Aux Etats-Unis, la féministe nord-américaine Elisabeth Cady Stanton proteste en 1865, contre le droit de vote accordé aux hommes noirs avant de l’être aux femmes blanches. Ce « discours de la priorité », dira Sojourner Truth, met en garde l’égalité.  

Les questions que soulèvent les luttes des femmes esclaves ne deviendra jamais une cause centrale du féminisme européen. Pour la plupart de ces féministes, les femmes noires restent des victimes à sauver et à protéger. 

 

Le Code Noir ne fait pas de distinction entre les sexes

Le Code Noir (promulgué par Louis XIV en mars 1685) ne fait pas distinction ni entre les sexes, ni entre les âges. Femmes, hommes, enfants y sont tous déclarés « meubles», comptés au même titre que des mules, des chaises ou des tables. Femmes, enfants et hommes sont punis de la même manière – coups de pieds, oreille coupée, marques au visage, mutilations. Là où une distinction se fait, c’est dans le statut de l’enfant qui suit le statut de la mère, le père n’ayant aucun droit. 

 

Les héritages de l’esclavage colonial

Aujourd’hui encore, les héritages de l’esclavage colonial continuent de peser de manière spécifique sur les femmes noires. Les femmes noires n’ont toujours pas accès à la justice reproductive. Les politiques de contrôle des naissances restent racistes. Dans les années 1960-1970, des milliers d’avortements et de stérilisations forcés ont été pratiqués à l’île de La Réunion alors qu’en France, la natalité était encouragée et l’avortement criminalisé. Les femmes noires sont en majorité employées dans les métiers les plus sous-qualifiés et sous-payés. L’exploitation continue. On continue de les accuser de ne pas être de bonnes mères et d’avoir une sexualité débridée. Tout cela, ce sont des restes de l’esclavage. 

Une femme noire vit le fait d’être femme et noire. Pas l’un ou l’autre. Le féminisme français qui reste historiquement indifférent à la situation des femmes non blanches est un féminisme qui ne défend pas la libération de toutes les femmes. 

Ces héroïnes, ces résistantes sont, aujourd’hui encore, des modèles pour contrer un récit de passivité et de victimisation. Elles sont bien sûr victimes de l’esclavage mais elles ne sont pas restées passives. Ce sont des leçons de courage, de détermination et de solidarité, des messages de liberté et d’égalité qui restent tout à fait pertinents. Quand en Haïti, les révolutionnaires ont proclamé Tout mounn sé mounn (l’égalité entre humains), les haïtiennes ont ajouté que sans la libération des femmes noires, toute la société ne sera pas libre. Les récits de toutes ces femmes rebelles sont passionnants. Ils constituent un message d’égalité tout à fait contemporain. 

 

 

Par Françoise Vergès, avec Florian Dacheux  

(Extrait de L’histoire de l’esclavage et de la traite négrière, 10 nouvelles approches, Librio, 2021)

HÉROÏNES

SOJOURNER TRUTH

Née esclave sous le nom d’Isabelle Baumfree autour de 1787 à New York, Sojourner Truth fait rapidement le lien, une fois adulte, entre l’oppression des femmes et celle des esclaves. Elle change son nom le 1er juin 1843. Sojourner pour affirmer son rôle de voyageuse. Truth pour montrer aux gens la voie de la vérité. En 1850, ne sachant ni lire ni écrire, elle dicte ses mémoires à l’écrivain William Garrison. Alors qu’elle parcourt les Etats-Unis pour dénoncer l’esclavage, elle prononce un discours en 1863 contre le racisme : Dieu n’aime-t-il pas autant les enfants de couleur que les enfants blancs ? En 1865, elle monte volontairement dans les tramways de Washington destinés aux Blancs afin de dénoncer la ségrégation. Infatigable, elle militera jusqu’au bout de sa vie pour l’accès des Noirs à la propriété privée et pour l’émancipation des Afro-américains. Elle meurt le 26 novembre 1883.

 

OLYMPE DE GOUGES

La lutte contre l’esclavage sera la première cause qu’Olympe de Gouges défendra comme autrice. En 1784, elle rédige Zamore et Mirza ou l’Esclavage des Noirs, la première pièce du théâtre français dénonçant ce système. Pionnière du féminisme, elle rédige en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dont l’article 1er proclame : « La femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme. » Accusée d’attenter à l’indivisibilité de la République, elle est condamnée à mort par la Terreur, et exécutée le 3 novembre 1793.

 

 

SOLITUDE LA MULÂTRESSE

Fermement engagée contre les troupes coloniales, la guadeloupéenne Solitude la “mulâtresse”, ancienne esclave, fit partie de la révolte menée par l’officier martiniquais Louis Delgrès contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe par Napoléon Bonaparte en 1802. Fidèles à la devise de la Révolution Vivre libre ou mourir, Delgrès et ses hommes préfèrent se faire exploser le 28 mai 1802 plutôt que de se rendre. Capturée alors qu’elle était enceinte, Solitude fut condamnée à mort, mais les autorités coloniales attendirent pendant plusieurs mois la fin de sa grossesse avant de la mettre à mort, le lendemain de son accouchement, le 29 novembre 1802. Paru en 1972, le roman La mulâtresse Solitude a fait resurgir le souvenir de Solitude, qui s’impose enfin en 2022 comme le symbole de la résistance de toutes les femmes à l’esclavage avec une statue à son effigie inaugurée à Paris. 

 

SANITE BELAIR

Pourtant, En août 1791, lorsque les esclaves de Saint- Domingue se soulèvent, des femmes participent à l’insurrection et aux combats armés. Parmi elles, Sanité Belair, jeune affranchie originaire des Verrettes qui épousa en 1796 Charles Bélair, neveu, aide de camp et lieutenant de Toussaint Louverture. Après la soumission et l’exil forcé de Toussaint, elle participe aux côtés de son époux aux combats de 1802, dans les retranchements escarpés des Matheux, contre l’expédition napoléonienne menée par le général Leclerc venue rétablir l’esclavage dans la colonie de Saint-Domingue. Lors d’une attaque surprise, Sanite fut faite prisonnière. Le couple fut condamné après leur arrivée au Cap. Elle meurt décapitée. 

 

HARRIET TUBMAN

Née dans l’esclavage vers 1822 dans le Maryland aux Etats Unis, Harriet Tubman échappe à son maître en 1849, et parvient à libérer sa famille. Elle participe activement à l’underground railroad, ce mouvement abolitionniste radical qui à travers un système de routes et de haltes clandestines organisait la fuite des esclaves vers la liberté. Durant ses 13 voyages dans le Sud, Harriet Tubman a conduit près de 70 esclaves vers les États libres et le Canada. En 1863, elle participe au raid sur Combahee Ferry, une opération militaire qui libère plus de 700 esclaves. La victoire de l’Union apporte l’abolition de l’esclavage en 1865 par l’adoption du 13e Amendement à la Constitution, faisant suite à la Proclamation d’émancipation de Abraham Lincoln de 1863. 

 

REINE NANNY

Nanny fut une légendaire cheffe des marrons de la Jamaïque, communautés formées par d’anciens captifs africains. Avec son frère Quao, elle prend la tête d’un de ces groupes. Ensemble, ils mèneront à partir de 1720 une efficace guérilla contre les troupes coloniales britanniques. 

 

REINE NJINGA

La Reine Njinga est un symbole de lutte anticoloniale au 17ème siècle. A la tête du royaume de Ndongo et du royaume de Matamba (dans l’actuel Angola) elle se dressa contre les ambitions colonialistes portugaises sur les côtes sud-africaines, un territoire stratégique dans la traite des esclaves.  

 

DANDARA

Dandara, marronne du Brésil, fut un des symboles de la révolte des quilombos au 17è siècle (de « kilombo », un mot kimbuku, l’une des langues parlées en Angola, désignant un campement de fugitifs). Elle aurait été la compagne et sœur d’armes de Zumbi Dos Palmarès, le principal chef marron de Palmares (Nord-Est du Brésil à la fin du 17ème siècle), qui parvint à défendre son royaume pendant une quinzaine d’années. Dandara incarne la mémoire de la résistance anti-esclavagiste et anticolonialiste des premières communautés afro-brésiliennes.

 

CELIMENE

Célimène, de son vrai nom Marie-Monique Jans, est une chanteuse réunionnaise du 19ème siècle qui s’est fait connaître par ses chansons satiriques, reflets de son regard acéré sur la société de l’île après l’abolition de l’esclavage.

 

KIMPA VITA

Kimpa Vita est une prophétesse africaine, figure de la résistance à la colonisation portugaise dans l’actuel Angola au 18ème siècle.

 

AL POUESSI

La statue de Al Pouessi dite Modeste Testas installée sur le quai Louis XVIII à Bordeaux honore une femme africaine qui travailla en esclavage pour des négociants bordelais, les Testas, avant d’être affranchie et de mourir à 105 ans à Haïti.

 

ANNA JULIA COOPER 

En 1892, Anna Julia Cooper publie son premier livre A Voice from the South : By A Woman from the South (Une voix du Sud : par une femme du Sud), un ouvrage considéré aujourd’hui comme précurseur du « Black feminism » (féminisme noir). Elle a été la première femme à soutenir une thèse d’histoire sur l’abolition de l’esclavage, à la Sorbonne en 1925. Son texte ilustre les contradictions entre les principes de liberté et d’égalité proclamés par la Révolution française et une réalité coloniale dominée par l’esclavage. Elle meurt le 27 février 1964, à Washington, à l’âge de 105 ans, quelques mois avant le vote du Civil Rights Act

 

CHRISTIANE TAUBIRA 

Le 10 mai 2001, le Sénat vote à l’unanimité la loi par laquelle la France devient le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. L’aboutissement d’un processus législatif que la députée de Guyane Christiane Taubira a initié trois ans plus tôt. C’est de cette loi que sont sortis les principaux éléments de la politique mémorielle française en ce qui concerne l’esclavage : la journée nationale du 10 mai et la nécessité d’accorder à cette histoire une place dans les programmes scolaires et de recherche.

 

AISSATA SECK 

Directrice de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, Aïssata Seck est une militante de la mémoire depuis de nombreuses années. Elle rejoint la FME dès 2018. D’abord en tant que responsable du programme Citoyenneté, jeunesse et territoires, qu’elle crée et met en œuvre. Aïssata Seck est également engagée depuis plus de 10 ans pour la reconnaissance des droits des anciens combattants tirailleurs africains en France. Conseillère régionale d’Île de France depuis 2021, elle a été de 2016 à 2020 maire adjointe à Bondy (93) en charge des politiques mémorielles et à la lutte contre le racisme et les discriminations.

Florian Dacheux