<span class=Double culture : coup de coeur pour Danyl">

Fév / 28

Double culture : coup de coeur pour Danyl

By / Florian Dacheux /

Dans son premier album ZMIG qui mêle raï, pop, R’n’B et rap, le rappeur Danyl évoque les tiraillements de la jeunesse plurielle de France. Focus sur Brouillon qui raconte les difficultés de vivre avec une double culture.

Double culture : coup de coeur pour Danyl

Nous avons croisé sa route pour la toute première fois un soir de juillet 2025 au Festival d’Avignon où Danyl est invité aux côtés de Camelia Jordana, Maryam Saleh, Natacha Atlas, Rouhnaa et Souad Massi pour rendre hommage à la légendaire chanteuse égyptienne Oum Khaltoum. Depuis, c’est le coup de cœur, pour un jeune homme bien décidé à bousculer les codes à travers son premier album ZMIG (contraction de « zmigri » – terme péjoratif visant à désigner les maghrébins installés en France par les populations qui vivent au Maghreb) où il évoque l’exil, l’héritage, et questionne notre vivre ensemble. 

 

en France de parents algériens, tous deux médecins originaires d’Alger et de Biskra, Danyl, 27 ans, parle à cette jeunesse plurielle qui cherche sa place entre deux cultures. Son tiraillement intérieur, celui d’être vu comme un Français en Algérie et comme un Algérien en France, s’illustre particulièrement dans son morceau Brouillon qui déchaîne ses fans à chaque concert.

 

Un cri du cœur !

 

© crédit photos : Page Facebook Danyl

Brouillon

J’ai grandi quand, les rebeus, c’était pas à la mode

J’étais frais jusqu’en 2001 puis j’suis devenu moche

J’voulais plus écouter d’raï, j’voulais écouter Akon

J’imitais l’accent d’mon vieux pour faire rire l’école

Même quand j’avais rien fait, j’avais peur d’monsieur l’agent

Qui m’a dit dans les yeux qu’il voulait qu’je quitte la France

Me renvoyer au bled alors qu’j’parle même pas la langue

Car mon père pensait qu’pour m’intégrer, fallait pas m’l’apprendre

Ah-ah-ah, ah-ah

Rien qu’j’me pose des questions, faut qu’j’rentre à la maison

Mais la maison, c’est où? (C’est où? C’est où?)

J’suis entre deux lignes, j’écris pile au milieu

C’est brouillon, mais c’est nous (c’est nous, c’est nous)

Rien qu’j’me pose des questions, faut qu’j’rentre à la maison

Mais la maison, c’est où?

J’ai du mal à m’sentir à ma place, ni d’ici ni d’là-bas

C’est brouillon, mais c’est nous

La honte

J’comprends un peu mais j’parle pas bien la langue

La honte, mmh, la honte

Ah bon?

T’es surpris qu’j’ai fait des études, pourquoi? Raconte

Bah alors, ça compte

Depuis l’époque d’la marelle, rien n’a changé, c’est pareil

Pour qu’on m’aime, y a qu’deux choix, soit j’marque des buts, soit j’les fais marrer

Quand j’parle bien, j’suis un vendu, quand j’dis « wesh », j’fais la cité

Aujourd’hui c’est brouillon, demain, c’est bien dessiné, ah-ah-ah

J’avais honte, j’ramenais jamais d’meuf chez moi

J’avais peur qu’elle tombe sur ma cousine ou ma mère

Ma soeur, mon frère, la voisine d’en bas, la caissière

Le maire, oh-oh-oh-oh

Ah-ah-ah, ah-ah

Rien qu’j’me pose des questions, faut qu’j’rentre à la maison

Mais la maison, c’est où? (C’est où? C’est où?)

J’suis entre deux lignes, j’écris pile au milieu

C’est brouillon, mais c’est nous (c’est où? C’est où?)

Rien qu’j’me pose des questions, faut qu’j’rentre à la maison

Mais la maison, c’est où?

J’ai du mal à m’sentir à ma place, ni d’ici ni d’là-bas

C’est brouillon, mais c’est nous

Florian Dacheux