Des bulles bienveillantes">
Mai / 01
Partons à la rencontre de Toustes en Colo et ses séjours qui cassent les codes traditionnels des colonies de vacances. Dans le Jura, cette association propose un cadre inclusif et bienveillant où chaque jeune – peu importe son genre, sa sexualité, ses origines ou sa situation personnelle – peut vivre sans jugement.
RÉPARER NOS VIOLENCES
la croisade contre
Des bulles bienveillantes
Toilettes mixtes, choix des activités en assemblée, pratique de l’écriture inclusive. Telles sont les habitudes mises en places depuis 2020 par Mélina Raveleau et Thibaut Wojtkowski, à l’origine des séjours Toustes en Colo. Sur chaque porte de chambre, une pancarte est accrochée : y sont inscrits le prénom et le pronom choisis. Une façon d’éviter de blesser la personne en questionnement. Bienvenue dans une safe place inspirante pour concevoir autrement la vie collective. « Ces fonctionnements ne peuvent pas marcher si le cadre n’est pas réfléchi, précise d’emblée Mélina. Les jeunes participent aux décisions qui les concernent. Il y a toujours une cristallisation autour de la douche et des toilettes, des endroits d’hygiène. La question des repas est extrêmement présente. Idem pour le planning d’activités. Aucune n’est obligatoire. Si des jeunes veulent simplement se reposer, et bien ils se reposent. »
Violences
Pour en arriver à cette remise en cause des codes, Mélina et Thibaut ont travaillé de nombreuses années au sein de structures traditionnelles d’accueil et de loisirs pour mineurs dont les méthodes ont plutôt tendance à séparer, voire ségréguer. Ils, elles et iels en ont vu des vertes et des pas mûres. Comme cet enfant choqué de s’être entendu répondre par un encadrant que, pour la répartition des chambres, il fallait bien que « les bites soient avec les bites et les vagins avec les vagins ». Ou encore le cas d’une jeune fille trans qui s’est scarifiée après le harcèlement d’un animateur qui lui répétait sans cesse qu’« un mec en jupe, c’est dégueulasse ». « Ces types de violences créent des exclusions fonctionnelles, explique Mélina. Quand on propose des thèmes intitulés Princesse, on reproduit un archétype qui laisse certains jeunes à la marge. On se dit que ça marche car on ne voit pas tous ceux qui se sentent exclus. C’est un cercle vicieux. C’est pourquoi nous avons souhaité concevoir un cadre permettant aux jeunes de coconstruire leur séjour en fonction de leurs besoins. » « Au vu des critiques de l’extrême droite, quand elles ne sont pas des menaces, notre travail n’est pas une somme de tips pédagogiques, mais des pratiques dont nous revendiquons l’engagement, rebondit Thibaut. Des pratiques plus efficaces, selon nous, pour permettre l’émancipation des jeunes et freiner les violences sexistes et sexuelles. »
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Cet article, dans son intégralité, est publié dans notre livre Les Réparateurs, coordonné par Florian Dacheux, en librairie et sur toutes les plateformes en ligne.
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