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Avr / 15

25 ans de la loi Taubira : il est plus que temps

By / La Rédaction /

Alors que le pays se déchire de toute part, le Temps des Mémoires 2026 est plus que jamais nécessaire, et ce 25 ans après la loi Taubira. Depuis 2019, les commémorations nationales et locales font partie des enjeux majeurs de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage afin de transmettre la connaissance de l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière, et de reconnaitre publiquement l’apport des afro-descendants à la France. Du 27 avril date de l’abolition de 1848 au 10 juin date de commémoration en Guyane, associé au 20 décembre pour la Réunion, les rendez-vous seront nombreux, associant des collectivités locales, associations, écoles, institutions patrimoniales, artistes, sportifs, médias et grand public. 

25 ans de la loi Taubira : il est plus que temps

Il y a 25 ans cette année était votée à l’unanimité la loi, dite Loi Taubira, qui a fait de la France le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Pour marquer l’anniversaire de ce texte et célébrer les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qu’il promeut, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et le ministère de la Culture se sont associés pour proposer à tous les musées et tous les services d’archives de mettre en valeur pour le grand public un ou plusieurs éléments de leurs collections en rapport avec cette histoire. Chaque institution est invitée à organiser un ou des événements autour des objets, œuvres ou documents qu’elle a choisis (exposition capsule, parcours thématique, conférences, programmation artistique, etc.). Plus de 50 institutions ont répondu à l’appel. 

 

Le lancement du Temps des Mémoires aura lieu les 25 et 26 avril depuis l’Hôtel de la Marine à Paris (siège de la FME) avec le concert de Biloute Gwoka ainsi que la participation de la compagnie Difé Kako et les invocations dansées et chantées de la chorégraphe Chantal Loaïl en hommage à Saartje Baartman, femme sud-africaine exposée au XIXème siècle en France, et la balade mémorielle au son du Bouladjel, chant chorale mémoriel guadeloupéen.

 

 

Le Mémorial des victimes de l’esclavage se fait attendre

Le Mémorial national des victimes de l’esclavage sera un lieu de reconnaissance à la visibilité nationale et internationale, consacré à la mémoire et à l’histoire de l’esclavage colonial. Situé au cœur de Paris, sur une surface de 4 000 m² dans les jardins du Trocadéro — lieu symbolique où fut proclamée la Déclaration des Droits de l’Homme — ce mémorial rendra hommage aux victimes de l’esclavage colonial. Il prendra la forme d’un jardin mémoriel, où seront gravés les prénoms et noms attribués à 215 000 Guadeloupéens, Guyanais, Martiniquais, Réunionnais et Saint-Martinois après l’abolition définitive de l’esclavage, le 27 avril 1848. Ces noms, toujours portés aujourd’hui, sont ceux des descendants de ces anciens esclaves, qui composent aujourd’hui la majorité de la population de ces territoires. Initialement prévue en 2026, l’inauguration a été reportée pour le printemps 2027…


Agenda et carte des événements 2026 :

https://memoire-esclavage.org/evenements/evenements2026  

 

Carte des lieux de mémoires de l’esclavage et des abolitions en France avec plus de 230 lieux à découvrir ou redécouvrir : 

https://memoire-esclavage.org/lieux-de-memoire-et-dhistoire 

#CESTNOTREHISTOIRE – Esclavage et abolitions: une Histoire de France
Une exposition en 17 panneaux (85 x 200 cm) destinée au grand public
pour installation dans les mairies, bibliothèques, musées, établissements scolaires… 

Attention : pour l’heure l’exposition est disponible en 12 panneaux imprimés et en 17 panneaux numériques.

Une exposition mise à disposition gratuitement par la FME.

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage appelle la France à agir en réponse à la résolution de l’ONU reconnaissant la traite et l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité

Pourtant, le chemin semble encore très long. En atteste, l’abstention de la France le 25 mars dernier lors de la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU (proposée par le Ghana) qui reconnaît la traite des esclaves africains comme « plus grave crime contre l’humanité ». Le positionnement de la France suscite le débat.

 

Cette déclaration a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre (Argentine, États-Unis et Israël) et 52 abstentions. Celle-ci souligne les injustices majeures (ruptures culturelles, exploitation économique, racisme et discriminations…) que continuent de provoquer les torts causés par la traite et l’esclavage, et invite les États Membres, individuellement et collectivement, à engager un dialogue inclusif et de bonne foi sur la justice réparatrice.

 

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a réagi immédiatement, rappellant l’importance de la notion de crime contre l’humanité, dont on retrouve l’esprit dans la première abolition de l’esclavage, qualifié alors, en 1794, de « crime de lèse-humanité », et relève que c’est l’universalité de ce concept qui lui confère sa force et sa portée, tant sur le plan juridique que symbolique. Chaque crime contre l’humanité est singulier et tous portent la même atteinte à ce qui nous réunit en tant que membres de l’espèce humaine.

 

“Dans son examen de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains, la résolution pointe quatre réalités qui ne peuvent être ignorées, rappelle la FME. L’importance historique de la traite et de l’esclavage colonial. L’importance des héritages de cette histoire, toujours actifs aujourd’hui dans le monde. Le fait que ces éléments ont été jusqu’à présent insuffisamment reconnus à l’échelle mondiale et dans de nombreux pays. Le fait que cette reconnaissance doit conduire à des actes concrets de réparation des conséquences présentes de cette histoire, qui concernent de fait des problèmes actuels tels que le racisme anti-noir, les inégalités dans les territoires ayant connu l’esclavage ou les relations injustes entre le Nord et le Sud. Alors que depuis quelques mois les tentatives d’effacement de la mémoire de l’esclavage se multiplient aux Etats-Unis, il est d’autant plus important d’affirmer ces réalités.”

 

Rappelant la déclaration de son conseil d’administration de juin 2025 appelant à l’ouverture d’un débat sur les réparations, la FME estime que cet appel doit être entendu, et que, forte de son rôle pionnier sur ce sujet depuis 2001, la France se grandirait en prenant l’initiative d’organiser une réponse aux attentes de justice, de dialogue et de vérité qui se sont exprimées à New York le 25 mars dernier. Les 25 ans de la loi Taubira, le 21 mai prochain, offrent au Président de la République une occasion idéale pour initier ce mouvement…

Rappel des dates de commémoration liées à l’histoire de l’esclavage


 JOURNEES NATIONALES 

10 mai : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions 

23 mai : journée nationale à la mémoire des victimes de l’esclavage 


JOURNEES LOCALES DE COMMEMORATION DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE 

27 avril à Mayotte 

22 mai en Martinique 

27 mai en Guadeloupe 

28 mai à Saint-Martin 

10 juin en Guyane 

9 octobre à Saint-Barthélemy 

20 décembre à la Réunion 


JOURNEES INTERNATIONALES DE L’ONU 

 

25 mars : Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage & de la traite transatlantique des esclaves 

23 août : Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition de l’Unesco 

2 décembre : Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage de l’ONU