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Mai / 01

129H : le verbe réparateur

By / Florian Dacheux /

Rencontrons les mots du collectif 129H, pionnier du slam français. Basés à Paris, Rouda et les siens animent partout en France des ateliers, rencontres et performances pour favoriser l’émancipation individuelle et collective à travers l’oralité. Des poètes qui font du slam un outil de transformation sociale et personnelle.

RÉPARER NOS IMAGINAIRES

Collectif 129H :

la croisade contre

Le verbe réparateur

Ils doivent leur nom au 129 de la rue de Bagnolet, située dans l’Est parisien. Le H désigne le terme de Home Studio, au passage un hommage à la seule lettre muette de l’alphabet. Ils se nomment Lyor, Neobled, Ninanonyme et Rouda. Parmi les pionniers du mouvement slam en France, bien avant que Grand Corps Malade – qui cheminera plusieurs années à leurs côtés – ne rende cette pratique populaire. Tout débute en 2000 dans le quartier des Amandiers. Zidane et les siens viennent d’être sacrés champions d’Europe de football. Rouda, cofondateur de 129H, charbonne comme travailleur social, engagé dans des ONG œuvrant en Guinée et en Palestine. Il se souvient : « Au départ, nous sommes des amis qui rencontrons une discipline, le slam, venue de Chicago aux États-Unis. Un terrain, un dispositif dans lequel des poètes et chanteurs viennent partager leurs textes a cappella. Le texte et la voix sont au cœur du processus de création. On fait alors tous les Open Mic de Paris et sa banlieue. On monte notre structure et, petit à petit, ça devient notre métier. Depuis 25 ans, c’est le même noyau. » Fondé en 2001, le collectif ouvre aussitôt la troisième scène slam hebdomadaire de Paris et voit défiler bon nombre de talents et performeurs, de D’de Kaabal à Souleymane Diamanka en passant par Jacky Ido, Nicolas Séguy, Gaël Faye ou Hippocampe Fou.

Urgence

Liés par cet esprit de conteurs, ces titis parigots développent des activités plurielles en parallèle à leurs propres carrières artistiques en tant qu’au teurs-interprètes. À commencer par les ateliers d’écriture et d’oralité. Happés, clament-ils, par « l’urgence d’écrire, l’urgence de dire ». Des ateliers où ils sensibilisent des milliers de jeunes et moins jeunes à l’exercice d’une parole poétique. « Par nature, le travail sur soi-même exercé grâce à l’écriture, répare, témoigne Lyor. On vient avec un savoir-faire mais tout est basé sur l’échange, chacun va amener une part de soi. Ce sont des rencontres humaines. On tombe parfois sur des pépites. On apprend. Cet effet cathartique de l’écriture s’est révélé au fur et à mesure des années. » « On s’adresse à un groupe de participants en prenant du temps pour chacun, rebondit Rouda. En individualisant, on peut accompagner la personne à exprimer quelque chose. On va lui proposer quelques clés. » « On ne peut pas forcer quelqu’un à boire mais on peut lui montrer la source », résume Lyor.

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Cet article, dans son intégralité, est publié dans notre livre Les Réparateurs, coordonné par Florian Dacheux, en librairie et sur toutes les plateformes en ligne.

Florian Dacheux